Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
infomigrants
En raison de la guerre en Libye, en Tunisie, des centres d’accueil saturés face à l’afflux de migrants
Article mis en ligne le 28 août 2019

En raison de la guerre en Libye, de plus en plus de migrants franchissent la frontière pour passer en Tunisie voisine. Depuis le début de l’année, 1 180 migrants se sont rendus en Tunisie, soit autant que sur toute l’année 2018. Ces exilés qui fuient les combats se retrouvent alors dans des centres, dont la plupart, sont aujourd’hui saturés. Les ONG se disent dépassées.

(...) Ce centre d’une capacité de 70 places, géré par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), accueille en particulier des femmes et des enfants. Il est complet, à flux tendu. " [Ce] foyer est un peu surchargé", reconnaît Paola Pace, chargée d’affaires de l’OIM en Tunisie.

Le terme est faible pour Karime, qui assure qu’il y a de "plus en plus de monde". "Dans les chambres, nous sommes souvent cinq ou huit. Beaucoup de personnes arrivent et repartent. Ce n’est pas facile mais je fais avec car je n’ai pas le choix", explique la jeune femme à InfoMigrants. Selon elle, des couples et des mineurs non accompagnés" sont également présents. La grande majorité vient d’Afrique subsaharienne.

Plus de 1 000 personnes sont arrivées depuis le début de l’année (...)

Si les migrants rejoignent autant la Tunisie, c’est en partie parce qu’ils fuient les combats en Libye. Plusieurs frappes mortelles ont eu lieu ces dernières semaines dont une dans la ville de Morzouk, dans le sud du pays, dimanche 4 août, et une autre au sud de Tripoli, mardi 13 août. "La hausse d’arrivée de migrants est clairement une conséquence de la guerre", explique Charlie Yaxley, porte-parole du Haut commissariat des réfugiés à l’ONU (HCR) en Afrique, joint par InfoMigrants.

(...)

Pour ne rien arranger, certains foyers de migrants ont fermé leurs portes. Un foyer de Médenine géré par le Croissant rouge tunisien et l’OIM a été clôt face aux plaintes récurrentes des occupants. Le centre de 80 places (il hébergeait plus de 200 personnes) était en effet pointé du doigt pour son manque de nourriture et de personnel, l’insalubrité des lieux et les mauvaises conditions d’hygiène.

Trouver des solutions

Face à la surpopulation des centres, l’ONU cherche des solutions. (...)

Depuis Tunis, Ben Amor Romdhane, membre de l’association FTDES, qui vient en aide, entre autres, aux migrants, explique que des associations cherchent partout de nouvelles places d’hébergement. "Les associations sont parfois obligées de louer des maisons pour héberger des migrants." Car les foyers - à Tunis et à Sfax, dans le centre du pays, notamment - sont trop petits. "Le plus important d’entre eux ne peut pas prendre en charge plus de 50 migrants. [Louer des maisons], c’est un moyen de pallier le manque de moyens des associations", affirme-t-il. (...)