Depuis la dématérialisation du livre, une tout autre réalité s’est, elle, bel et bien matérialisée : l’examen des Big datas, ou données personnelles, permettant de quadriller le comportement des lecteurs. Et plus les offres de services innovent en matière de livre numérique, plus elles semblent se doter de capacités monstrueuses à identifier, ficher et classer/ranger/trier les utilisateurs. État des lieux, en binaire...
(...) Chez Kobo, cette méthode s’est doublée d’un principe de gamification, particulièrement efficace. Tout appareil est en mesure d’envoyer des informations précisant le temps de lecture, le nombre de pages, le tout croisé avec les styles littéraires qui ont retenu le plus l’attention - ou le moins... - les différentes annotations, et bien d’autres choses encore. En somme, qu’on le veuille ou non, nos livres numériques nous surveillent d’une manière si étroite, que c’en devient presque gênant...
Mi-2012, Barnes & Noble avait reconnu avoir recours à des méthodes d’analyse des comportements de lecture, pour mieux cibler ses campagnes marketing, en fonction de clients mieux choisis et élaborés. Des méthodes qui n’en étaient alors qu’aux balbutiements, assurait le patron, mais qui n’auront peut-être pas fait long feu, puisque la division Nook est en train de gentiment passer sous la domination de Microsoft. (...)
Selon certaines informations, le data mining, permettrait à Amazon de réaliser près de 20 % de son chiffre d’affaires. En somme, creuser dans les données personnelles et les recouper avec des éléments d’achats précédents permet de faire vendre plus et mieux. Derrière la formule ‘Si vous avez aimé... Vous aimerez peut-être’, il y a bien plus qu’une industrie : une véritable machine à établir les profils des consommateurs.