Des mecs, des mecs, des mecs prennent la pause pour occuper les places visibles. Cette semaine c’est Bruno Lemaire, il est smart et puissant, un général bien dans son époque. C’est en tout cas le tableau que tente de brosser le Figaro Magazine dans un papier finement titré « un combattant en première ligne ».
Non seulement on ne s’y habitue pas mais cette mise en scène répétée d’hommes aux manettes est encore plus obscène dans cette une période où les femmes sont si présentes en première ligne…et si maintenues dans l’invisibilité.
La gauche n’aide pas non plus ! Dans un dossier entier de Libération, consacré à la souveraineté, une citation de quelques lignes de Valérie Rabault seulement, noyée au milieu des répliques des “chefs de partis”, là encore : des mecs, des mecs, des mecs.
Pourtant les femmes permettent à la machine de fonctionner. Caissières, personnels de ménage, soignantes à l’hôpital et dans les Ehpad, qui tiendrait une semaine sans elles ? Au turbin mais confinées. Après le boulot, où les heures supplémentaires ne se comptent plus, la maison, où la répartition genrée diminue bien moins vite que la croissance aujourd’hui…
Dans les magazines, à la télé, à Matignon et l’Elysée, des hommes parlent d’elles parfois dans leurs discours, les remerciant, les affublant du titre d’héroïnes, des hommes parlent à leur place, où pourtant ils ne sont pas. Il y a du ridicule à les voir fièrement adopter dans leurs costards la symbolique du guerrier viril. (...)