Dans une enquête internationale, 85% des Parisiennes interrogées estiment que personne ne leur viendrait en aide en cas d’agression dans les transports en commun.
Paris est une des grandes villes du monde où les femmes s’attendent le moins à être aidées en cas d’agression dans le métro ou le bus.
Ce constat est issu d’une vaste enquête menée par la Thomson Reuters Fondation sur les femmes et les transports commun, dans 15 des 20 plus grandes capitales mondiales1 et New-York.
Dans le classement global de cette enquête qui porte aussi sur l’expérience d’agressions et le sentiment de sécurité, et qui inclut également le point de vue d’expert-e-s, c’est New-York qui est perçue comme la grande ville où les transports publics sont les plus sûrs pour les femmes, devant Tokyo, Pékin, Londres et Séoul. Paris se situe à la 6ème place sur 16.
Sentiment de non-assistance, plus que d’insécurité
Ce sont pourtant les Parisiennes qui rapportent le moins d’agressions physiques dans les transports en commun. Mais sur la question du sentiment de sécurité, Paris ne pointe plus qu’à la 7ème place du classement. Et pas moins de 85% des Parisiennes interrogées estiment que personne ne leur viendrait en aide en cas d’agression, ce qui place Paris au 13ème rang sur ce point. De quoi faire penser au court-métrage « Je suis à l’heure », consacré à cette indifférence, qui connaît un large succès d’estime depuis quelques jours.
Ce sont les femmes de Séoul qui intègrent le plus ce sentiment de non-assistance : elles sont 87%. A Londres, elles sont 74% à ne pas espérer l’aide d’autres voyageurs. Et c’est à New-York qu’elles ont le plus confiance dans leur prochain.
Des transports réservés aux femmes ?
L’enquête se penche aussi sur les sentiments à l’égard de transports réservés aux femmes. Des systèmes qui existent déjà dans certaines villes, comme à Tokyo. L’idée a récemment été évoquée à Londres. Et une compagnie de taxis pour femmes vient de se lancer à New-York. Mais dans ces deux dernières villes, comme à Paris et à Moscou, seule une minorité des femmes interrogées soutiennent cette idée de bus ou de wagons ’women only’.
« Non seulement c’est insultant pour une vaste majorité des hommes, mais cela est également préjudiciable aux femmes, en empêchant de s’attaquer au problème à la racine », réagit la britannique Laura Bates, fondatrice du Everyday Sexism Project. (...)