
C’est ce qui s’appelle un accueil glacial. Quatre jours après l’annonce, par les actionnaires de Libération, de la nomination de Pierre Fraidenraich en tant que « directeur opérationnel » du journal à la place de Nicolas Demorand, démissionnaire, et à la veille d’une première rencontre avec la rédaction, mercredi à 11 heures, les salariés ont publié mardi 1er avril un portrait ravageur de cet ancien directeur d’i-Télé (groupe Canal+).
Sous le titre sobre « Qui est donc Pierre Fraidenraich ? », les salariés de Libération, mobilisés depuis plusieurs semaines contre le souhait de leurs actionnaires de transformer le titre de fond en comble – le mettant en péril selon eux –, déplorent d’abord la manière avec laquelle ils ont appris cette nomination. « [Elle] n’a pas été annoncée à l’équipe en priorité via un communiqué interne, comme c’est l’usage ; cette nomination, c’est l’AFP qui en a eu la primeur. »
Puis ils brossent un portrait au vitriol de leur nouveau directeur, rappelant notamment son implication dans « l’affaire des faux JT » de France 3 en 1997, quand « les décors, le générique, le logo du 19/20 de la chaîne ont été utilisés pour le tournage de faux JT publicitaires à la gloire, notamment, du laboratoire médical Pfizer ». Pierre Fraidenraich « se traîne cette casserole depuis des années », résume un journaliste aux journalistes de Libération.
PROCHE DE NICOLAS SARKOZY (...)
Le quotidien de gauche ne manque pas de souligner la proximité de son nouveau directeur avec Nicolas Sarkozy. « Les deux sont proches, se voient régulièrement, boivent des cafés », assure le journal, ajoutant que M. Fraidenraich « œuvra à la réélection de Sarkozy en 2012 ». (...)