Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Les Nouvelles News
Argentine : mobilisation massive pour la libération de Belén
Article mis en ligne le 4 mai 2016

Une fausse couche qui mène à 8 ans de prison pour avortement. C’est le calvaire que subit Belén, 27 ans, en Argentine. 300 organisations lancent une campagne internationale pour sa libération.

Belén*, 27 ans, vient d’être condamnée à 8 ans de prison ferme après 2 ans de détention provisoire dans le nord de l’Argentine. Son crime ? Avoir subi une fausse couche. Mais la justice l’entend autrement, la jeune femme a en effet été condamnée pour homicide doublement aggravé par le lien de parenté et la « trahison ».

Les faits se déroulent en mars 2014. Belen, alors âgée de 25 ans, se rend aux urgences de l’hôpital Avellaneda de Tucuman pour des douleurs abdominales. Les médecins lui apprennent qu’elle vient de faire une fausse couche d’un fœtus d’environ 22 semaines.

Belén affirme alors qu’elle ignorait sa grossesse mais le personnel hospitalier trouve un fœtus dans les toilettes de l’hôpital. Elle est accusée d’avoir « tué son fils ». En Argentine, les avortements sont autorisés seulement lorsque la mère est en danger ou lorsque la grossesse est le résultat d’un viol.

Les fausses couches, elles, ne sont pas criminalisées mais le personnel médical juge qu’il s’agit d’un avortement illégal et livre Belén aux autorités, enfreignant ainsi les « lois et les normes internationales sur le secret médical », note Amnesty International qui indique que la police a insulté et humilié la jeune femme en passant en revue ses parties intimes. Cela peut « constituer une torture ou d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants. Le refus de certains services ou des mauvais traitements dans le cadre des soins de santé sexuelle et reproductive, généralement fondés sur les stéréotypes de genre, est discriminatoire et constitue une forme de violence contre les femmes », souligne l’ONG.

« Libertad para Belén »

Malgré cela, le 19 avril dernier, Belén a été condamnée à 8 ans de prison ferme. En réaction, 300 organisations en Argentine qui luttent pour « le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit » lancent une campagne pour obtenir la libération immédiate de Belén. « Libertad Para Belén » (Liberté pour Belén) demandent les associations, soutenues notamment en France par Osez le féminisme. (...)