Ce mercredi matin, le camp d’exilés de Loon-Plage, en proie à des tensions depuis plusieurs mois et théâtre de nouvelles fusillades mardi soir, a été démantelé.
Ce mardi soir, plusieurs fusillades ont éclaté au niveau du camp d’exilés de Loon-Plage, faisant un total de neuf blessés, dont deux atteints très grièvement. Les neuf victimes appartiennent à la communauté soudanaise. (...)
D’après des témoins, dans l’après-midi, des altercations ont éclaté dans la « jungle », entre la communauté soudanaise et les Kurdes. Les Soudanais, qui ont de faibles capacités financières, sont considérés par les passeurs kurdes qui tiennent le camp et organisent les passages vers l’Angleterre, comme des « clients » secondaires. Voire, ils sont ouvertement méprisés. Comme pour mater dans l’œuf les velléités de rébellion de la communauté africaine, une descente en règle a été opérée dans la soirée. (...)
Far West
Dans cette nouvelle enquête ouverte pour tentatives de meurtres, les Soudanais du camp ont témoigné auprès des policiers. Ils racontent qu’ils étaient une dizaine de Kurdes armés venus spécialement pour en découdre. Un premier blessé a été pris en charge à Grande-Synthe, au Puythouck, vers 21 h, à proximité d’Auchan. Mais sur le chemin, entre le Puythouck et le camp de Loon-Plage, les secours ont découvert au fur et à mesure l’ampleur des dégâts, ramassant des blessés par balle, jusqu’à l’entrée du camp. La scène a eu des allures de western, les Kurdes tirant à vue sur les Soudanais.
La dizaine de ressortissants soudanais ayant sollicité la police pour apporter des témoignages a été ramenée au commissariat. Tous ont été placés en garde à vue. Des mesures levées ce mercredi. Le but de ces auditions a été de récolter un maximum d’informations afin d’identifier les tireurs. Une vingtaine de douilles ont été retrouvées par la police sur les lieux des fusillades. Les tireurs, en fuite, n’ont pas été identifiés.
Cette nouvelle fusillade fait suite à plusieurs mois de tensions dans la « jungle », marquée par plusieurs règlements de compte, meurtres et tentatives de meurtre, parfois à l’arme de guerre. (...)
L’information affirmant que 500 personnes seraient montées dans les bus est fausse. Elles étaient une cinquantaine. L’echo donné à la désinformation animée et voulue par les autorités doit prendre fin.
— Utopia 56 (@Utopia_56) September 2, 2022