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Marie-Claude Saliceti
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"Mayotte, je n’en avais jamais entendu parler" : l’exil vers l’inconnu des Congolais fuyant le continent africain à tout prix (1/5)
#Mayotte #migrants #immigration #Congo
Article mis en ligne le 12 avril 2026
dernière modification le 8 avril 2026

Depuis plusieurs mois, la route migratoire entre la République démocratique du Congo (RDC) et Mayotte en passant par la Tanzanie a pris une ampleur telle que les ressortissants congolais constituent désormais la première nationalité de demandeurs d’asile sur l’île française. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, tous les Congolais rencontrés à Mayotte ne savaient absolument pas où les passeurs les emmenaient. Aucun d’entre eux n’avaient entendu parler de l’archipel français avant d’en fouler le sol. Reportage.

(...) Personne - ou presque - sur la plage où il se trouve, ne connaissait l’île française avant d’y débarquer ces derniers mois. Ni les adultes assis sur le sable noir, ni ceux qui jouent au football un peu plus loin, encore moins les enfants qui se rafraîchissent dans l’eau en criant.

Kennedy, un de ses camarades, Congolais lui aussi, s’amuse à son tour de notre étonnement. "À l’école en RDC [République démocratique du Congo, ndlr], on t’apprend où est Madagascar, où sont les Seychelles", explique celui qui est arrivé il y a sept mois sur l’île française. "On t’apprend même à situer les petites îles de la Réunion et de l’île Maurice, mais Mayotte, je n’en avais jamais entendu parler". (...)

Depuis plusieurs mois, pourtant, Mayotte est devenue la destination de milliers de Congolais qui fuient la violence du conflit qui ravage l’est de leur pays. Un afflux migratoire tel que les ressortissants de RDC sont aujourd’hui la première nationalité de demandeurs d’asile sur l’île, loin devant les Comoriens - qui occupaient depuis des années la première place. (...)

Une grande partie d’entre eux vivent dans le campement de Tsoundzou 2, à quelques mètres de la plage, au sud de Mamoudzou, chef-lieu de l’île, faute de places dans un système d’hébergement d’urgence complètement saturé. Tsoundzou 2 ne cesse de grossir depuis cet hiver, il compte aujourd’hui plus de 1 000 personnes, du jamais vu, et "les Congolais occupent la première place, devant les Somaliens et les Yéménites", affirme Kennedy qui connaît un bon nombre de tous ces occupants.

Embarquer pour une destination inconnue (...)

Selon les témoignages recueillis à Tsoundzou, les trafiquants proposent aux migrants une "destination sûre où ils pourront vivre en sécurité" sans jamais préciser le nom de ladite destination. (...)

Une confiance envers les trafiquants qui interpelle. (...)

Fuir aussi la Tanzanie "qui arrête les sans papiers" (...)


image : Damouns, Ssolbergj, Public domain, via Wikimedia Commons