Véronique a été expulsée du couvent au bout de ses neuf mois de postulat. Marie s’en est enfuie au bout de sept ans. De gré ou de force, Marie et Véronique ont quitté le couvent. Elles racontent.
“Ils m’ont pris sept ans de ma jeunesse”
Après avoir passé avec brio le concours d’infirmière, Marie entre dans les ordres à ses vingt ans. Elle fait vœu de pauvreté, des demandes de pardon trois fois par jour, puis prononce ses vœux perpétuels. “J’étais en quête d’absolu : j’ai tout donné à Dieu.” Jusqu’au jour où elle ne peut plus supporter cette vie.
“On nous obligeait à demander pardon trois fois par semaine, sinon on était suspectées de ne pas être ouvertes au Saint-Esprit. On était très surveillées.” Marie (...)
Seulement, son désir de partir n’est pas vu d’un bon œil par sa communauté.
“On m’a enfermée à clef dans une cellule, et on m’a dit de faire mon chapelet pour me calmer. Ils ont enlevé tous les draps pour ne pas que je sorte par la fenêtre !” Marie
Marie fait mine d’avoir changé d’avis et de vouloir rester. En secret, avec d’autres sœurs dans la même cas qu’elle et la complicité de quelques paroissiens, elle fomente un projet d’évasion. Cependant, le retour dans le monde laïc est plus difficile que prévu…
“On avait peur de sortir parce qu’on avait vécu sept ans enfermées. On avait peur qu’ils nous retrouvent.” Marie (...)
“Le sol s’est effondré sous mes pieds : c’était mon projet de vie” (...)
“Il y avait toujours quelqu’un qui décidait pour nous ce qui convenait ou pas.” (...)
“Quand j’ai dit que j’avais déjà envisagé de me marier, mais que je voulais rester au couvent, la religieuse m’a répondu que je n’étais probablement jamais tombée amoureuse.” Véronique
Mise à la porte, Véronique se sent abandonnée et peine à s’intégrer dans le “monde normal” qui lui est devenu totalement étranger. (...)