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Alerte sur la sélection prénatale des garçons en Europe orientale
Article mis en ligne le 14 décembre 2013
dernière modification le 11 décembre 2013

En Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie, et dans une moindre mesure en Albanie, Kosovo, Monténégro et Macédoine, les avortement sélectifs des filles sont une réalité. Les pays concernés doivent réagir, avertit l’Ined.

La sélection prénatale des garçons n’est pas un phénomène propre à l’Asie. Dans certains pays d’Europe orientale aussi, depuis 20 ans, il naît bien plus de garçons que de filles, relève une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) publiée mardi 10 décembre (« La masculinisation des naissance en Europe orientale »).

« Alors que ce phénomène a été décrit pour la première fois il y a plus de dix ans, on peut se demander pourquoi les autorités des pays concernés et l’Europe ne commencent à s’en préoccuper que maintenant », soulignent les chercheurs Christophe Guilmoto et Géraldine Duthé. (...)

Cette situation est due à « la persistance de valeurs traditionnelles patriarcales », et à la baisse de la fécondité conjuguée aux progrès de la médecine prénatale, les échographies qui se sont démocratisées depuis la chute du bloc communiste pouvant conduire à l’avortement sélectif des filles. « Tout porte à croire qu’une part significative de conceptions féminines ne sont pas arrivées à terme en raison d’interruptions volontaires de grossesse. »

C’est d’ailleurs quand les familles ont déjà deux filles que les naissances de garçons apparaissent particulièrement élevées : « durant la décennie 2000, on a même décompté en Arménie jusqu’à 185 garçons pour 100 filles parmi les troisièmes naissances, chiffre qui constitue sans aucun doute un record mondial », soulignent les chercheurs. Lesquels s’inquiètent pour l’avenir : « avec les progrès technologiques, la détermination du sexe par examen du sang fœtal ou les méthodes préconceptionnelles vont peut-être se banaliser et faciliter encore plus la sélection. »

Attention au « prétexte pour limiter l’avortement légal »

Les chercheurs déplorent le manque d’intérêt des autorités et de la société civile dans les pays concernés face à ces constats. Pourtant connus depuis une dizaine d’années, ils « n’ont pas encore débouché sur des mesures concrètes, qu’il s’agisse de campagnes de prévention des avortements sélectifs ou de mesures plus approfondies pour rétablir l’égalité entre les sexes au sein de la famille. »

D’autant que se voiler les yeux, c’est aussi courir le risque de donner des armes aux plus farouches adversaires de l’avortement. « Nous devons être attentifs à ne pas utiliser la sélection sexuelle prénatale comme prétexte pour limiter l’avortement légal » (...)