Deux cent gendarmes ont été mobilisés les 8 et 9 octobre pour boucler le massif du Bargy en Haute-Savoie. Dans toute la région, des gardes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage ont été réquisitionnés et acheminés par hélicoptère sur la zone. L’objectif de cette impressionnante concentration de moyens : tuer jusqu’à 250 bouquetins et en épargner 75 tout au plus, en application d’un arrêté préfectoral du 16 septembre. Au terme de ces 48 heures d’opération d’abattage, 70 d’entre eux auraient été abattus selon le cabinet du préfet. « Éradiquer la brucellose affectant les bouquetins du massif du Bargy » : c’est en ces termes que la préfecture justifie l’abattage massif de cette espèce protégée depuis 1981.
(...) Après avoir été éradiquée en 1999, la maladie a resurgi dans le département en 2012. La présence de brucellose sur une partie des bouquetins a conduit la préfecture à mener, depuis 2013, de vastes opérations d’abattage. Mais pour les défenseurs des animaux, cette décision d’abattre massivement une espèce protégée, sans faire de distinction entre les malades et les bien portants, est absurde. « Non seulement l’abattage de la totalité des bouquetins est illusoire, mais le risque est grand d’une dissémination à d’autres massifs par la dispersions des quelques animaux qui auront échappé aux tireurs », alertent plusieurs associations environnementales dans un communiqué commun [1].
« Les solutions existent pourtant comme l’abattage des seuls animaux malades, la vaccination et le suivi dans le temps des animaux sains », insistent les associations. Qui reprochent également au Préfet d’avoir précipité la traque sans attendre que soit examiné le recours juridique. L’audience est fixée au 19 octobre prochain au tribunal de Grenoble. Une pétition demandant l’arrêt de l’abattage systématique des bouquetins de Barcy est en ligne. Un avis de l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, daté de juillet 2015, déconseille tout abattage massif et préconise des actions sur le long terme.