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France Culture
À l’origine des Amazones
Article mis en ligne le 19 mai 2022
dernière modification le 18 mai 2022

Ces guerrières mythologiques ne sont pas que des personnages de fiction. Cavalières nomades, combatives et libres... Voici l’histoire vraie de ces femmes qui étaient les égales des hommes.

Les Amazones ont bel et bien existé mais avons-nous une image fidèle de ces combattantes antiques ?

Le mythe du sein coupé

Les mythes persistants ont fait d’elles des cavalières au sein coupé, des conquérantes misandres qui tuaient leurs fils... Pourtant, la réalité historique de leur existence contredit entièrement ces préjugés qui infusent depuis l’Antiquité.

Cette histoire leur colle à la peau comme de la Super Glue ! S’il y a bien une chose que les gens pensent savoir sur les Amazones, c’est le fait qu’elles se coupaient le sein pour devenir des archers. Et c’est absolument faux ! Quiconque a déjà tiré à l’arc sait que les seins ne sont pas un obstacle pour tirer des flèches ou jeter une lance. (...)

Je me suis aperçue que ce mythe a été créé au Ve siècle avant J.-C. par un historien grec. Il cherchait à savoir ce que le mot "Amazone" signifiait en grec ancien mais ce n’est pas un mot grec ancien. C’est un mot étranger que les Grecs ont emprunté. Nous ne connaissons pas son origine mais cet historien et grammairien grec voulait donner un sens grec au mot et il se trouve que "Amazone" ressemble au grec " (...)

Une fois trouvé, ce sens appelle une histoire et c’est comme ça que le mythe de l’Amazone "sans sein" est né. Alors même que c’est une idée ridicule d’un point de vue physiologique, elle a été perpétuée pendant 2 500 ans. Adrienne Mayor, historienne (...)

On a trouvé des tombes qui contiennent les os de femmes de tous les âges. Elles sont enterrées avec leurs armes et leurs chevaux, parfois avec leurs armures. Elles ont des carquois remplis de flèches, des lances et parfois même des vêtements. (...)

Nous savons qu’elles portaient des pantalons et des tuniques comme les hommes. Elles étaient enterrées avec les mêmes honneurs que les hommes. Elles avaient des blessures de guerre, comme les hommes. J’ai trouvé ça vraiment impressionnant. (...)

Et cela prouve qu’il existait dans l’Antiquité des femmes qui pouvaient chasser et faire la guerre, monter à cheval et tirer à l’arc. Et j’ai réalisé que cela faisait sens dans leur culture parce qu’elles vivaient dans un environnement très difficile. Difficile en matière de dénivelés, de paysages et de climat. (...)

Pour autant, certains archéologues ont du mal à changer d’avis. Certains continuent de penser que les squelettes avec des armes doivent être des hommes. Mais nous savons aujourd’hui que ce n’est pas vrai. Je crois qu’il y a au moins 300 tombes de femmes retrouvées avec des armes et des blessures de guerre.
Adrienne Mayor, historienne