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À 80 ans, elles luttent pour continuer à vivre ensemble dans leur foyer
Article mis en ligne le 22 novembre 2021
dernière modification le 21 novembre 2021

Elles sont une dizaine à vivre ensemble, comme des sœurs, dans le foyer de l’Alma Fontenoy à Roubaix. Face à la prochaine destruction de leur résidence, elles demandent à « rester ensemble

C’est entre ces murs aux briques rouges, typiques du nord de la France, que vivent Zohra et sa bande de copines. « On a toujours tout partagé, on est des vieilles mais on est libres, on ne veut pas embêter nos enfants, glisse-t-elle en souriant à Brut. Notre vie, on veut la finir comme ça : ensemble », ajoute cette résidente de l’Alma Fontenoy, un foyer pour les personnes âgées situé à Roubaix. (...)

L’inquiétude d’être séparées

Dans le coin, on les surnomme les « chibanias », un terme emprunté à la langue arabe et qui signifie « cheveux blancs » – et par extension, « vieillard ». Ces dames, qui se connaissent par cœur, refusent de quitter leur logement de l’Alma Fontenoy, situé à côté de la rue et de la place « de la grand-mère » en clin d’œil à ses locataires de longue date.

Le bâtiment doit être détruit dans le cadre d’un programme de rénovation urbaine. Face à l’inquiétude de se retrouver toutes seules pour certaines, et séparées de leur famille de cœur, elles se sont promises de rester « ensemble, en famille ». « On s’est habituées à être ensemble, à vivre ensemble, à parler ensemble », confie Madame Bouchareb à Brut., résidente du foyer depuis quinze ans.
Amies et voisines de longue date

L’une des doyennes, Madame Attouche, veuve depuis quelques années, vit ici depuis 40 ans. « Toutes ses copines viennent ici prendre le café, le thé, comme d’habitude, ça leur fait une famille », témoigne sa fille Dalila, elle aussi résidente de l’Alma. Pour la jeune femme, les voisines qui ont des enfants « ont de la chance » : « les autres, ils sont perdus, ils ne savent pas parler français ».

Alors, « ces dames-là, il y en a quelques-unes, s’ils les délogent, c’est vraiment signer leur arrêt de mort », assure Zohra. (...)

« On ne demande rien, soupire Zohra. On demande d’être ensemble, c’est tout ce qu’on demande, parce qu’on a toujours été ensemble. »