Les neuf inculpés de la confédération paysanne étaient hier dans le box des accusés au tribunal d’Amiens. Devant le palais de justice, plus de 3 000 personnes sont venues de toute la France pour les soutenir mais aussi pour faire le procès d’un modèle agricole, celui qu’incarne la ferme des mille vaches, implantée à Drucat, près d’Abbeville, dans la Somme. Dans le tribunal, les prévenus ont été condamnés à des peines de sursis et des amendes.
« Je me suis installée il y a 40 ans dans le maraîchage biologique dans le Morbihan, j’ai toujours été perçue comme étant à la marge de l’agriculture, mais aujourd’hui nous ne sommes plus un contre-courant, nous sommes un courant à part entière. » Aujourd’hui à la retraite, Odile peut se permettre de passer une journée à plusieurs centaines de kilomètres de chez elle, « je suis ici pour porter la voix de ceux qui travaillent, qui ne peuvent pas venir. »
Devant le tribunal, le temps est à la fraîcheur, chacun se réchauffe avec un café fumant dans les mains, les prises de parole sur la scène, installée devant le palais de justice, commencent. Un simulacre de procès se joue, celui de la ferme-usine des mille vaches et de l’agro-business. L’atmosphère se veut bonne enfant mais la mort de Rémi Fraisse au Testet dans la nuit de samedi à dimanche pèse. Des militants sont venus depuis le Testet pour témoigner. Les slogans dénonçant les violences policières sont légions parmi les drapeaux de la confédération paysanne et ceux des partis politiques et des associations. Une minute de silence est observée dans la matinée à la mémoire du militant qui a perdu la vie.
Plus la journée avance, plus certains visages s’éveillent avec la caféine mais pour d’autres les traits restent tirés, ça fait une semaine qu’ils sont sur la route. Une semaine en tracteur pour aller de Notre-Dame-des-Landes à Amiens. (...)