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Vivendi fait payer l’État après la fin d’un avantage fiscal de plusieurs milliards
Article mis en ligne le 15 mai 2018

Alors qu’un rapport d’Oxfam révèle que les entreprises françaises du CAC 40 ont redistribué les deux tiers de leurs bénéfices aux actionnaires depuis 2009, le groupe Vivendi a définitivement fait condamner l’État à payer pour avoir mis fin à une convention fiscale l’exonérant de plusieurs milliards d’euros d’impôts entre 2004 et 2011.

La décision peut surprendre. Alors que Vivendi a bénéficié d’un avantage fiscal de plusieurs milliards d’euros pendant près de huit ans, le groupe a porté plainte lorsque l’Assemblée nationale a décidé de fermer le robinet. Une procédure judiciaire qui s’est avérée payante, puisque le puissant groupe de divertissement a récupéré aux Finances publiques près de 400 millions d’euros. En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie et des Finances, acceptait à la fin du mois d’août la demande du groupe Vivendi d’accéder au “bénéfice mondial consolidé” (BMC). Ce régime fiscal réservé à quelques multinationales françaises est accordé à Vivendi pour une durée de cinq ans avant d’être prolongé pendant trois années de plus. Durant toutes ces années, le groupe sera d’ailleurs le principal bénéficiaire de cette niche fiscale. Selon Philippe Fontfrède, ex-administrateur de la plus grosse fédération de télécoms en France, la Ficome, l’avantage fiscal octroyé à Vivendi représente un total de plus de 4 milliards d’euros. Un chiffre contesté par le groupe qui évoque quant à lui un montant de 3,3 milliards.

Mais quelques mois avant la fin officielle de la convention fiscale conclue entre Bercy et la multinationale, la coupe est pleine : l’Assemblée nationale décide à l’unanimité d’y mettre fin. Jugé inefficace et extrêmement coûteux pour les finances publiques, l’avantage fiscal est abrogé par l’Assemblée nationale au mois de septembre. Une décision qui a du mal à passer chez Vivendi, qui comptait conserver cet avantage jusqu’à la fin de l’année. Dès 2012, le groupe saisit le tribunal administratif de Montreuil pour obtenir les 366 millions d’euros que le groupe n’aurait pas payés si le contrat était parvenu à sa fin. Malgré l’appel du ministère des Finances et des comptes publics, la décision du tribunal de Montreuil en faveur du groupe Vivendi a été entérinée par un arrêt du Conseil d’État et Vivendi se voit restituer 366 millions d’euros. (...)