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le Monde
La protection sociale, un gage d’avenir
par Jean-Marie Harribey, économiste, ancien président d’Attac, et Vincent Drezet, secrétaire national de l’Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, pour Attac
Article mis en ligne le 18 décembre 2011
dernière modification le 15 décembre 2011

Le tour de force de l’idéologie libérale aura été, au cours des trente dernières années, d’accréditer l’idée que la protection sociale était un coût et surtout qu’elle n’était qu’un coût. (...)

Il n’y aurait donc d’autre choix que de raboter l’ensemble, dans le but inavoué de le transformer progressivement en un nouveau champ de placement pour le capital qui convoite un marché annuel potentiel de quelque 500 milliards d’euros. Ainsi, la santé ou les retraites ne seraient plus, pour les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les banques, juste un coût, mais un bénéfice ! (...)

Le démantèlement progressif mais méthodique de la protection sociale s’inscrit dans la stratégie néolibérale de restriction du périmètre de la richesse socialisée, initiée au cours de la décennie 1980 afin de remédier à la baisse générale de la rentabilité du capital et d’ouvrir une nouvelle ère d’accumulation financière. Cette stratégie a débouché sur la plus grande crise de l’histoire du capitalisme, à cause de l’interpénétration des capitaux dans le monde. Mais la leçon ne semble pas servir puisque revient dans le débat public une proposition qui ne pourrait qu’aggraver la situation
(...)

le principal obstacle est sans conteste l’accroissement du coût du capital représenté par les dividendes exigés par les actionnaires et leurs mandataires. (...)

les besoins de santé et de prise en charge de la dépendance s’accroîtront, non seulement si la durée de vie moyenne s’allonge, mais aussi parce que la qualité des soins accessibles à tous sera une marque de progrès dont même l’économie profitera.

Le cœur d’un nouveau dispositif de financement se situe dans un remodelage important du partage de la valeur ajoutée, à la source de la répartition des revenus – et non pas au final de la consommation – en élargissant l’assiette des cotisations sociales à l’ensemble de la valeur ajoutée, c’est-à-dire la masse salariale plus les profits, tout au moins la partie des profits distribués. (...)

Le déplacement nécessaire pour couvrir les besoins de financement ne représente (...) qu’un sixième de la rémunération actuelle du capital. À qui fera-t-on croire qu’une réduction de la financiarisation de l’économie serait préjudiciable alors que sa démesure nous a plongés dans une crise sans précédent ?

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