
La maladie continue à tuer en France, avec plus de 160 morts par jour. Mais l’épidémie semble s’éloigner de plus en plus des préoccupations d’une majorité de la population.
(...) Malgré un variant Omicron du SARS-CoV-2 moins sévère que les précédents, la cinquième vague de l’épidémie a fait de nombreuses victimes et continue de tuer en France. Au 6 mars, plus de 160 personnes en mouraient encore chaque jour à l’hôpital et en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). On est certes loin du « Boeing qui s’écrase chaque jour », image-choc avancée par l’infectiologue Gilles Pialoux en avril 2021 pour dénoncer les 300 décès quotidiens, absents du discours politique à quelques semaines du déconfinement. (...)
Mais difficile de ne pas faire de parallèle avec l’année passée, au moment où le gouvernement annonce la levée de l’obligation du port du masque dans tous les lieux clos (sauf les transports) à partir du 14 mars. L’épidémie semble s’éloigner de plus en plus des préoccupations de la population française, pressée de retrouver une vie normale. « Les décès dus au Covid sont plus rares aujourd’hui, on est très nombreux à l’avoir déjà attrapé donc il y a une forme de banalisation qui est normale, reconnaît Kevin Dereppe. Mais, quand ça touche la famille, c’est différent. »
D’autant plus que c’est à ce moment-là qu’il a découvert que sa grand-mère avait fait le choix de ne pas se faire vacciner. Fragile des poumons, elle craignait plus d’éventuels effets indésirables des vaccins que ceux de la maladie. « Elle connaissait le risque et elle a préféré le prendre, analyse Kevin a posteriori. Elle est décédée avec ses idées ; on ne peut pas refaire le passé », ajoute le jeune homme, bien décidé à ne pas juger les choix de sa grand-mère. Malgré tout, témoigner de sa mort lui semble important : « Il faut que cette histoire ait une portée pour les personnes âgées qui ne sont pas vaccinées. Pour que ma grand-mère ne soit pas morte en vain. »