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Free secoué par l’enquête de « Cash investigation »
Article mis en ligne le 28 septembre 2017

Selon nos informations, trois directeurs de centre d’appels devraient quitter leur poste en l’espace de quelques jours.

La diffusion de l’enquête de « Cash investigation », ce mardi 26 septembre, était attendue depuis de longues semaines par les salariés des centres d’appels du groupe Iliad. En particulier à Mobipel, le centre installé à Colombes, qui occupe une place centrale dans le documentaire.

Le documentaire montre en effet les méthodes de la filiale du groupe Iliad pour calmer ce centre d’appels considéré comme « sensible ». Comme l’a écrit Politis dans plusieurs enquêtes sur l’entreprise, la direction a décrété un gel brutal des recrutements, entraînant par suite de démissions – traditionnellement nombreuses dans ce secteur –, de licenciements et de transferts vers d’autres sites du groupe, une chute vertigineuse des effectifs, comme l’a démontré l’enquête de Cash investigation.

Cette méthode avait déjà été employée une première fois en 2014, à la suite d’un débrayage, et s’est systématisée fin 2015 en réponse à un dialogue social tendu, sur fond de révélations dans la presse (Politis et Mediapart).

Au dernier pointage, selon nos informations, ce gel des embauches avait fait chuter les effectifs du centre d’appels de Colombes à 290 salariés en août 2017, contre plus de 600 en 2013. Et ce, sans le moindre plan de sauvegarde de l’emploi. « Nous n’avons même pas été consultés pour la moindre réorganisation des effectifs », témoigne Anousone Um, délégué syndical Sud Télécom.

Selon nos informations, le directeur de Mobipel doit quitter ses fonctions le 29 septembre prochain « pour raisons personnelles ».

D’autres centres en mutation

Mais ce n’est pas le seul centre réorganisé en interne, sur fond de révélations de « Cash investigation », bien que le lien entre l’émission et ces mouvements ne soit pas clairement établi. Deux autres filiales à 100 % du groupe Iliad (sur sept centres d’appels au total) sont en train de changer de direction. (...)

Enfin, à Marseille, au centre d’appels Certicall, le directeur quittera son poste à compter du 1er octobre au terme de quatorze ans de carrière à différents postes au sein du groupe Iliad.

Le « système » Free

« Cash investigation » révèle également le témoignage édifiant d’un responsable de plateau, Feral Messak, ex-cadre d’un centre d’appels avec plusieurs dizaines de salariés sous sa responsabilité. Il décrit le « système Free » et affirme avoir reçu l’ordre de sa direction d’ériger une liste des salariés ayant participé à un débrayage. (...)

L’équipe de « Cash investigation » pointe également la préférence, dans les nombreux cas de licenciements, pour la qualification de « faute grave » – qui coupe toute indemnité aux salariés – sur celle de « causes réelles et sérieuses ». Le documentaire évoque le cas d’une responsable des ressources humaines licenciée pour avoir préféré le motif de « causes réelles et sérieuses ». Une procédure légale qui aurait couté 150 000 euros d’indemnités à l’entreprise.

Le documentaire reproduit enfin une correspondance particulièrement piquante entre hauts dirigeants du groupe Iliad. « Nous liquiderons les 50 détracteurs », aurait écrit Angélique Gérard, la directrice des relations abonnés du groupe Iliad, en référence aux salariés marocains qui prennent part à un mouvement de grève, en 2012, dans le centre d’appels Total Call basé à Casablanca.