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Carlos Ghosn, pourquoi tant de fric ?
Article mis en ligne le 21 novembre 2018

Pendant qu’en France, les automobilistes s’enflamment, au Japon, l’individu Carlos Ghosn « s’éteint ». Le patron du plus grand groupe automobile au monde (Renault-Nissan-Mitsubishi) a été arrêté dimanche pour « soupçon de malversations ». Rien que ça !

L’affaire tombe à pic. Le légendaire patron du groupe Renault- Nissan- Mitsubishi, également Grand Commandeur de l’ordre des automobilistes, ne serait donc qu’un banal Cahuzac. Un fraudeur de haut vol. Un bandit à col très blanc.

Parenthèse inattendue

Il y a quelque jours, on a appris que Bercy s’est doté d’un nouveau logiciel de « data mining » à 20 millions d’euros. Mission : scruter les réseaux sociaux afin d’y repérer des fraudeurs. Ah ces ingénieux fraudeurs ! Quelle idée de s’étaler sur les réseaux sociaux, alors qu’existent, ici-bas, des paradis fiscaux. (...)

Rappelons que le réseau social Facebook s’est acquitté pour le compte de l’exercice 2017, un impôt sur les sociétés de 1,9 millions d’euros, fort de son chiffre d’affaires en France, déclaré à plus de 55 millions d’euros et une capitalisation boursière qui dépasse les 140 milliards de dollar.

L’idée est audacieuse, associer l’Etat directement ou indirectement avec des entreprises qui ne paient pas correctement leurs impôts en France, pour traquer et surveiller le citoyen ordinaire dans son "intimité", voilà leur justice fiscale. Leur démocratie. (...)

Carlos Ghosn éteint...mais pas grillé

Tout d’abord, conviendrait -il de relativiser ce qui vient d’arriver à notre cher Carlos Ghosn.

Il ne faut pas croire qu’il va aller remplir les statistiques de la délinquance à coloration immigrée du côté de Fleury-Mérogis. L’affaire se passe au Japon. Et même si on l’avait cueilli en France, Ghosn fait parti de ce club fermé de justiciables que l’Etat n’aime pas traduire en équation, en statistique. Car les statistiques servent à ça, catégoriser pour mieux différencier, hiérarchiser, exclure socialement. Or, des gens tels que Carlos Ghosn, on peut prêcher médiatiquement tout ce que l’on veut, mais l’Etat ne saurait s’intéresser outre mesure à ce type de phénomène....sinon, ça pourrait faire fuir des talents, les premiers de cordée, les winners. (...)

Leur délinquance est de type républicaine, oligarchique, capitalistique, et donc précieuse à la bonne marche de notre monde confortablement inégalitaire. Jeunes de banlieues, laissez les survêt, oubliez les gilets, place aux costumes.

Fin de mois difficile pour Ghosn

Depuis près de dix ans, Carlos Ghosn gagne au bas chiffre, 10 millions d’euros. En 2010, lui-même avait révélé ce qu’il avait perçu de Nissan sur l’année fiscale : 8 millions d’euros ( 890 millions de yens), plus les 1,24 million d’euros chez Renault, qu’il présidait également.

Depuis trois ans, son salaire est passé à de 7 millions d’euros chez Renault. En 2015, pour justifier son salaire de de 7,25 millions d’euros, il fait valoir les "excellentes performances des entreprises qu’il dirige". S’il venait à mourir de crise cardiaque, sans doute, il n’y aurait plus de Renault sur terre, les salariés se suicideraient à la chaîne, et les automobilistes arrêteraient de conduire. Alors, admettons 7 millions, n’est que pure logique. Tout travail mérite salaire.

Réflexion sur les salaires

Avec sa philosophie des premiers des cordées, ses réformes fiscales, on peut comprendre très vite que, pour Macron, le monde comme il va, n’est pas un problème. Il faut même encore mettre un pied sur l’accélérateur. Le "Travailler, plus gagner plus".n’est autre chose que le gagner plus pour gagner plus.

Pour Macron, le débat ne saurait être sur les inégalités. C’est à dire cette différence radicale entre ce qui ont tout et ce qui n’ont rien. Macron pense la richesse séparée de la question de la pauvreté. Il n’y a qu’à voir son plan pauvreté à 8 milliards qu’il a présenté récemment, sous les ovations d’une grande partie de la presse.

On en a même entendu, lu des commentateurs nous expliquer que Macron prenait enfin le problème de la pauvreté à la racine. (...)

Or, il est évident, que l’individu Carlos Ghosn gagne un un mois ce qu’une centaine de familles travailleuse ne pourra jamais obtenir, cumulativement, durant la longue et pénible vie de chacun de ses membres. Il gagne en un mois ce que plus d’un millier d’enseignants réunis dans un pays du tiers monde ne saurait gagner durant toute leur carrière.

Aucun gouvernement au monde n’a engagé une réflexion sur les très hauts salaires, les grosses fortunes. La plupart des gouvernements dans le monde par contre, surtout là où le capitalisme est avancé, ont engagés des débats sur l’identité de leurs peuples. Tous sont dans une guerre contre ceux qui n’ont rien, pas de fortunes, pas de salaires : "le prolétariat nomade" (migrants).

Pendant ce temps où on traque et exclue les plus démunis, les plus "sauvages", les plus "idiots", les sans "talents" le savoir fiscaliste se raffine toujours un peu plus que le pétrole....Que fait la gauche ? Elle va régler le climat, la terre est en surchauffe.