En Turquie, des associations de journalistes et des élus d’opposition appellent à la libération immédiate d’Alican Uludag, un journaliste turc de la radio-télévision publique allemande Deutsche Welle, interpellé jeudi 19 et placé en détention provisoire vendredi 20 février pour « insultes répétées au président » Recep Tayyip Erdogan. Le journaliste, connu pour sa couverture des affaires judiciaires, estime que son arrestation vise à le faire taire.
C’est l’un des journalistes et chroniqueurs judiciaires les plus expérimentés de Turquie. En moins de 24 heures, Alican Uludag a été arrêté chez lui à Ankara, transféré à Istanbul, entendu par un procureur, puis présenté à un juge, qui l’a placé en détention. Le parquet l’accuse d’« insulte au président » Recep Tayyip Erdogan, un crime passible de quatre ans de prison, explique notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer.
En cause : une vingtaine de messages publiés par le journaliste sur les réseaux sociaux, dont certains partagés il y a plus d’un an. Selon le procès-verbal transmis par ses avocats, Alican Uludag a déclaré au juge que son arrestation n’avait pas de rapport avec ses publications, mais avec la nomination d’un nouveau ministre de la Justice. Le journaliste estime qu’on a voulu « l’éloigner d’Ankara » et l’empêcher de faire son métier en raison de sa couverture critique des procès politiques menés par le nouveau ministre lorsque celui-ci était procureur général d’Istanbul.
Le journaliste dénonce (...) une « purge visant les voix critiques »
« Si nous ne pouvons pas critiquer le président, alors pourquoi faisons-nous du journalisme ? (...) Écrire la vérité ne saurait être considéré comme un crime », a déclaré Alican Uludag aux enquêteurs, dénonçant au passage « purge visant les voix critiques ».
Dans un communiqué commun, une douzaine d’associations de journalistes réclament la libération d’Alican Uludag et appellent à « mettre fin aux attaques contre la liberté de la presse et d’expression, à la criminalisation des journalistes et à la censure de l’information par le biais du pouvoir judiciaire » (...)