Le village d’Horgoš, à la frontière hongroise, n’accueille plus aucun migrants : depuis un an, tout exilé de passage est systématiquement expulsé par les autorités, qui multiplient les opérations de lutte contre l’immigration clandestine. (...)
(...) Désormais, les habitants d’Horgoš affirment n’avoir vu aucun étranger depuis des mois, et les bus de la police serbe ont également disparu, indique Euronews. Les autorités hongroises continuent, elles, d’annoncer régulièrement que des centaines de migrants se trouvent à sa frontière sud. (...)
Lorsqu’InfoMigrants s’était rendu à Horgoš en octobre 2022, des centaines de personnes avaient trouvé refuge dans ces grandes maisons vides. Mais y dormir n’était pas gratuit. "Il faut payer [aux passeurs] 25 euros pour dormir dans une tente", avait affirmé Ahmed, un jeune Algérien de 23 ans. Lui n’en avait pas les moyens, et dormait à même le sol, sur un petit terrain vague tout près du camp. (...)
Opération spéciale
La frontière serbo-hongroise se situe sur la route migratoire des Balkans. C’est par cette route que des centaines de milliers de personnes avaient gagné l’Allemagne, l’Autriche ou la France en 2015 et 2016, lors du pic d’arrivées de migrants en Europe.
Mais depuis 2017, une double barrière métallique, entourée de barbelés et agrémentée de caméras thermiques, sépare la Serbie de la Hongrie. Conséquence : les exilés se retrouvent coincés, parfois plusieurs mois, en Serbie. Une situation qui a profité aux passeurs. Dans la région, leur mainmise s’exerçait partout, dans les camps informels comme Horgoš, et même à l’intérieur des centres officiels. (...)
Il y a un an, les autorités serbes ont lancé une opération spéciale visant à mettre un coup d’arrêt à l’immigration clandestine. En novembre 2023, 4 500 migrants "irréguliers" ont été arrêtés, ainsi que huit personnes soupçonnées de trafic d’êtres humains. Cinq pistolets, cinq fusils automatiques et plus de 1 500 munitions avaient également été saisis dans les zones frontalières du sud-est et du nord de la Serbie.
Depuis deux ans, les passages dans cette zone se sont considérablement taris (...)