Plusieurs acteurs du scoutisme français s’inquiètent de la récente création des Cadets libres de France, un nouveau mouvement derrière lequel plane l’ombre du milliardaire d’extrême droite. Dans le milieu, beaucoup redoutent sa volonté d’« évangéliser » la jeunesse au profit d’un agenda réactionnaire.
(...) Fin février, plusieurs responsables des associations qui composent la Fédération du scoutisme français se sont réuni·es en urgence. « La création d’un mouvement scout, c’est une actualité forte pour nous. Ça n’arrive pas tous les jours, mais quand on a vu qui était derrière le projet, ça nous a inquiétés », confie Nine Martin, vice-présidente des Éclaireuses Éclaireurs de France (EEDF), en évoquant le fondateur du Fonds du bien commun (FBC), lui-même fervent catholique.
Proche des mouvements traditionalistes, Pierre-Édouard Stérin s’intéresse depuis des années au scoutisme – le FBC a d’ailleurs accueilli dans ses locaux parisiens plusieurs soirées de l’association Le Rasso, un regroupement d’anciens guides et scouts d’Europe (un mouvement qui ne fait pas partie de la Fédération du scoutisme français). En matière de religion, sa vision des choses est aussi claire qu’assumée : « Il ne s’agit pas seulement d’évangéliser les bébés, mais également d’évangéliser tous ceux qui ne sont pas catholiques, ou d’anciens catholiques. » (...)
Le milliardaire d’extrême droite, qui n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart, a d’abord cherché à élargir son influence vers des structures existantes. (...)
En 2024 toujours, ce sont les dirigeant·es de la Fédération des éclaireuses et éclaireurs (FEE) qui sont approché·es à leur tour. (...)
Fin février, plusieurs responsables des associations qui composent la Fédération du scoutisme français se sont réuni·es en urgence. « La création d’un mouvement scout, c’est une actualité forte pour nous. Ça n’arrive pas tous les jours, mais quand on a vu qui était derrière le projet, ça nous a inquiétés », confie Nine Martin, vice-présidente des Éclaireuses Éclaireurs de France (EEDF), en évoquant le fondateur du Fonds du bien commun (FBC), lui-même fervent catholique.
Proche des mouvements traditionalistes, Pierre-Édouard Stérin s’intéresse depuis des années au scoutisme (...)
Le milliardaire d’extrême droite, qui n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart, a d’abord cherché à élargir son influence vers des structures existantes. (...)
Mais cette fois encore, les discussions n’aboutissent pas. Après les révélations du journal L’Humanité concernant le projet Périclès du milliardaire, les responsables de la structure associative mettent fin aux échanges (...)
C’est alors qu’une annonce apparaît en mai 2025 sur le site d’offres d’emploi Welcome to the Jungle. Le FBC est à la recherche d’un « entrepreneur à impact dans le but de lancer un mouvement scout aconfessionnel ». L’annonce est relayée par Pierre-Édouard Stérin lui-même sur son compte LinkedIn. Le 29 novembre de la même année, Louis-Auxile Maillard, ancien animateur sur Radio Notre-Dame, officialise le lancement des Cadets libres de France. (...)
Voilà plusieurs années que Pierre-Édouard Stérin finance des projets éducatifs pour faire avancer son agenda réactionnaire. (...)
Le milliardaire est aussi à l’origine de l’Académie Saint-Louis de Chalès, un internat catholique et élitiste pour garçons qui a ouvert ses portes en septembre 2025 à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) autour d’un concept clé : « l’éducation intégrale ». (...)
« Philosophie maurrassienne » (...)
Sur LinkedIn, Louis-Auxile Maillard présente son mouvement comme le successeur du service national universel (SNU). Sur le site, la « loi des cadets » définit les engagements des jeunes recrues de la façon suivante : « Le cadet est loyal envers ses parents, sa patrie, ses chefs et ceux qui lui sont confiés. » « Pour moi, la grosse inquiétude, c’est que si en 2027 on a une extrême droite au pouvoir, il y a un mouvement de jeunesse qui est déjà prêt », estime une source qui a suivi l’émergence du mouvement. (...)
« Ils ont des moyens financiers sans commune mesure avec les autres mouvements », s’étonne-t-on au sein des instances du scoutisme français. (...)