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RFI
« Une érosion morale » : en Israël, le malaise grandit autour des attaques de colons en Cisjordanie occupée
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 30 mars 2026

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est dit « troublé » par l’explosion des violences commises par des colons en Cisjordanie, affirmant attendre du gouvernement israélien des actes immédiats. Une pression diplomatique qui fait écho à un tournant au sein même de l’appareil sécuritaire israélien : pour la première fois en pleine guerre contre l’Iran, le chef d’état-major dénonce une menace venue de l’intérieur.

L’organisation israélienne Yesh Din dénombre 257 incidents de violence commis par des colons extrémistes en seulement 25 jours, depuis le début de la guerre avec l’Iran. Et ces actes sont, souvent, commis sous le regard des militaires, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Pour le politologue Menachem Klein, de l’université Bar-Ilan, il s’agit « d’un terrorisme d’État pour prendre le contrôle des zones C, et maintenant agir pour expulser les Palestiniens également des zones B sous administration palestinienne ». Selon ce politologue, l’accord d’Oslo a été piétiné. Il y voit là un « plan calculé » pour prendre le contrôle du territoire et, de facto, empêcher l’établissement d’un État palestinien.

Ce « plan calculé » se heurte pourtant au récit officiel. À Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio se dit « troublé », mais semble encore croire à la thèse d’une « minorité » que le gouvernement israélien finirait par sanctionner. Une vision partagée par le chef d’état-major, le général Eyal Zamir qui dénonce désormais une « minorité menaçante », dont les exactions forcent l’armée à détourner son regard du front iranien. (...)

La complaisance à l’égard des colons semble s’affaisser. Ce n’est plus seulement l’opposition qui s’alarme, l’institution militaire s’en inquiète également. Sur le terrain, 200 réservistes tirent la sonnette d’alarme : ils décrivent une symbiose de fait entre les soldats et les colons des avant-postes.

À la Knesset, les mots sont plus crus. La députée Meirav Cohen parle ouvertement de « terrorisme juif » pour qualifier ces villages attaqués et ces familles chassées. Une quinzaine de communautés palestiniennes a déjà fui. Loin d’être marginale, la stratégie d’éviction dénoncée par Menachem Klein semble bien l’emporter.
Une « érosion morale » sans précédent

Mais c’est dans la presse que la rupture est la plus brutale. Sur des plateaux de télévision, on ose des mots encore jamais entendus jusqu’ici : on parle désormais de « pogroms » et de « nettoyage ethnique ». (...)

les journalistes et des civils palestiniens ont été menacés, les soldats pointant leurs armes et ordonnant l’arrêt du tournage. « Un soldat s’est approché par derrière du photoreporter de CNN, l’a saisi à la gorge, l’a projeté au sol et a endommagé son matériel. L’équipe ainsi que d’autres Palestiniens présents ont ensuite été détenus pendant environ deux heures, les empêchant délibérément d’exercer leur travail », a dénoncé la FPA, précisant que l’ensemble de la scène avait été filmé.