
Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH)
Projet de loi Immigration : le président de la CNCDH demande aux parlementaires de ne pas voter le texte
#immigration #CNCDH
Article mis en ligne le 8 décembre 2023
dernière modification le 7 décembre 2023
Dans un courrier du 28 novembre, le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Jean-Marie Burguburu, appelle les députées et députés à ne pas voter le projet de loi dont des dispositions sont attentatoires aux droits fondamentaux.
(...) des principales lignes rouges identifiées par les membres de l’institution, particulièrement attentifs à la question migratoire.Parmi ces lignes rouges :
- le recours à l’enfermement arbitraire, traduction d’une orientation sécuritaire en matière d’immigration sans pour autant démontrer la réalité des menaces invoquées. Le président souligne en particulier l’introduction d’une "menace à l’ordre public" comme nouveau motif de placement en rétention administrative, concomitamment avec une extension de la durée initiale de rétention de 48h à 4 jours.
- le maintien de la rétention administrative pour les enfants de 16 et à 18 ans et pour certains lieux d’enfermement, notamment les locaux de rétention administrative. Le président rappelle que la France a été condamnée à de multiples reprises par la CEDH en raison de sa politique d’enfermement d’enfants en lieux de rétention.
- la généralisation de la levée des protections personnelles contre l’éloignement et l’expulsion, avec sous-jacente l’inacceptable association systématique entre les personnes étrangères et la délinquance, et au mépris du droit fondamental au respect de la vie privée protégé par la CEDH
- le recul sans précédent du droit au séjour, qui risque de plonger des milliers de personnes dans l’illégalité chaque année : le contrat d’engagement républicain, limite au renouvellement de la carte de séjour temporaire, système d’examen des dossiers des séjour à "360°"...
- les atteintes au droit à la vie privée et familiale, avec l’ajout de nouvelles conditions pour le regroupement familial.
- un accès à la justice dégradé : sous couvert de vouloir simplifier le contentieux du droit des étrangers, le projet de loi réduit les garanties procédurales et favorise l’éloignement plutôt qu’il ne garantit l’accès à la justice.
- un nouveau recul de l’accès à la demande d’asile.