Dépassant le précédent record de l’année passée, 41 425 migrants en situation irrégulière ont rejoint les Canaries via l’Atlantique entre le mois de janvier et novembre 2024. Ces arrivées importantes font pression sur les structures d’accueil de l’archipel, qui supplie depuis des mois le gouvernement espagnol de l’aider.
(...) Toujours d’après le ministère, 610 embarcations clandestines sont ainsi parvenues à rejoindre les sept îles de l’archipel depuis le mois de janvier, contre 530 en 2023.
Ce bilan - alors que l’année n’est pas terminée - dépasse déjà celui de 2023 où 39 910 entrées avaient été recensées. Ce nombre constituait déjà un record absolu pour les îles Canaries, devenues la principale porte d’entrée des migrants en Espagne. (...)
Les drames sont aussi fréquents. En seulement cinq jours, du 1er au 5 novembre, 58 personnes sont mortes au large de l’archipel espagnol. Un mois auparavant, au moins 50 migrants étaient morts après le naufrage de leur embarcation, le 28 septembre peu après minuit, au large de l’île d’El Hierro. (...)
Structures d’accueil débordées
Ces arrivées font pression sur les structures d’accueil de l’archipel, notamment celles dédiées aux mineurs. Au début du mois de novembre, le président de la région Fernando Clavijo avait une nouvelle fois exhorté les députés à voter la réforme de l’article 35 de la loi Immigration, qui avaliserait le transfert de près de 6 000 jeunes migrants hébergés aux Canaries dans d’autres régions d’Espagne. "La solution est que le pays se dote d’un protocole qui puisse apporter des solutions globales", a-t-il affirmé devant la presse. "Ces 6 000 jeunes ont besoin de s’intégrer dans notre société". (...)
Conscient de la situation, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a engagé des discussions avec le Parti populaire (PP, droite), sur la répartition de l’accueil des migrants sur le territoire espagnol. Mais ces pourparlers patinent depuis des mois. (...)
La hausse des entrées de migrants clandestins survient alors que le gouvernement Sánchez a adopté mi-novembre une réforme censée faciliter la régularisation des migrants en situation irrégulière - une mesure jugée nécessaire pour l’économie ibérique en raison du vieillissement de la population.
Avec cette réforme, qui prévoit notamment une réduction des délais pour l’obtention des titres de séjour et l’extension de trois mois à un an de la durée du visa de recherche d’emploi, jusqu’à 300 000 immigrés pourraient être régularisés chaque année pendant les trois prochaines années