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Masculinisme Le grand braquage des luttes féministes (et des droits des femmes)
#masculinisme #misogynie
Article mis en ligne le 1er janvier 2026
dernière modification le 30 décembre 2025

Vous l’avez pro­ba­ble­ment déjà enten­du : la mas­cu­li­ni­té moderne serait en crise ! Certes, dif­fé­rents mou­ve­ments fémi­nistes militent et tra­vaillent avec achar­ne­ment à réduire les inéga­li­tés entre les hommes et les femmes, avec l’horizon de les voir dis­pa­raître un jour. Mais, au milieu de ces com­bats pour l’égalité des droits, diverses ten­dances mas­cu­li­nistes nous vantent un retour à « l’ordre natu­rel des choses ». Pen­chons-nous sur cette constel­la­tion, loin d’être uni­forme, dont les idées rétro­grades nous pro­posent une socié­té radi­ca­le­ment inégalitaire.

Qu’ont en com­mun le patron de Meta Mark Zucker­berg, le mili­tant en ligne trum­piste Nick Fuentes, l’influenceur d’extrême droite Papa­ci­to ou encore l’autoproclamé coach en séduc­tion Alex Hit­chens ? Ils déploient tous une vision du monde mas­cu­li­niste, c’est-à-dire un pro­jet de socié­té dans lequel les hommes devraient recon­qué­rir leurs droits, per­dus à cause des femmes, et plus spé­ci­fi­que­ment à cause des fémi­nistes1. Et ils prônent un retour à une orga­ni­sa­tion sociale tra­di­tion­nelle, dans laquelle l’homme retrou­ve­rait sa place d’homme fort et domi­nant. Si le mas­cu­li­nisme est réac­tion­naire, miso­gyne et anti­fé­mi­niste, il est aus­si essen­tia­liste : nos com­por­te­ments en socié­té décou­le­raient de notre sexe bio­lo­gique et les rôles sociaux des hommes et des femmes seraient dif­fé­rents, tout en étant com­plé­men­taires2.

C’est dans ce sens que Mark Zucker­berg défend la « re-mas­cu­li­ni­sa­tion » des entre­prises 3 ; que Nick Fuentes s’autorise, le sou­rire aux lèvres, un « Your body, my choice » (Ton corps, mon choix), détour­nant ain­si le slo­gan fémi­niste « Mon corps, mon choix » ; qu’Alex Hit­chens, de son côté, pro­pose des for­ma­tions telles que « Deve­nir cha­ris­ma­tique et enfin séduire la femme de tes rêves » ou « L’art de débattre : le secret pour domi­ner chaque sujet avec une méthode simple »4 ; et que Papa­ci­to dif­fuse dans ses pod­casts des idées homo­phobes, miso­gynes et racistes. Si le mas­cu­li­nisme a tou­jours eu une place sur inter­net (et par­ti­cu­liè­re­ment sur des forums et com­mu­nau­tés vir­tuelles à domi­nante mas­cu­line), on en observe une nette recru­des­cence post #MeToo et par­ti­cu­liè­re­ment avec la mon­tée du fas­cisme dans le monde entier – les États-Unis en tête de file.

La haine des femmes s’adapte et se trans­forme en fonc­tion des enjeux du moment, main dans la main avec le capi­ta­lisme (...)

Du masculin sacré à l’appel au meurtre…

Dans la sphère mas­cu­li­niste, en marge de visions tra­di­tio­na­listes de la mas­cu­li­ni­té, issues des grandes reli­gions mono­théistes, on retrouve des spi­ri­tua­li­tés new age appe­lant au mas­cu­lin sacré. (...)

Hors des réfé­rents reli­gieux, le Mou­ve­ment pour les droits des hommes, né dans les années 70, reven­dique plus de droits sociaux pour les hommes, notam­ment en lien avec la pater­ni­té. (...)

si les incels res­tent un phé­no­mène plu­tôt res­treint aujourd’hui, cer­tains pro­pos qui émanent du grou­pus­cule se pro­pagent sur inter­net et dans la socié­té. C’est notam­ment le cas de l’idée que l’on connaî­trait une « épi­dé­mie de soli­tude mas­cu­line » pro­vo­quée par la mon­tée du féminisme.

Pourquoi en parler aujourd’hui ?

S’il nous paraît impor­tant d’en par­ler aujourd’hui, c’est parce que le déploie­ment du mas­cu­li­nisme sur inter­net et les réseaux sociaux est une réa­li­té qui touche tout le monde, mais avant tout les plus jeunes. Or, la modé­ra­tion sur les réseaux sociaux perd du ter­rain et les consé­quences sont expo­nen­tielles. (...)

Tan­dis que cer­tains pro­prié­taires de réseaux sociaux tiennent des pro­pos mas­cu­li­nistes, l’autorégulation semble par­fai­te­ment inopé­rante. C’est vers une légis­la­tion euro­péenne visant au res­pect des droits fon­da­men­taux dans la sphère numé­rique qu’il nous semble plus per­ti­nent de se tourner.

La légis­la­tion n’est cepen­dant pas une réponse abso­lue, car comme le sou­ligne, en France, le rap­port annuel sur l’égalité femmes-hommes du Haut Conseil à l’Égalité : non seule­ment le sexisme per­siste, mais sur­tout, les posi­tions se pola­risent entre les (jeunes) femmes de plus en plus fémi­nistes et les (jeunes) hommes de plus en plus mas­cu­li­nistes… Il s’agit donc, comme sou­vent, d’éducation, tant à l’usage d’internet qu’à la décons­truc­tion des sté­réo­types de genre, ain­si que du com­bat, encore et tou­jours néces­saire pour l’égalité entre les hommes et les femmes. (...)

Tan­dis que cer­tains pro­prié­taires de réseaux sociaux tiennent des pro­pos mas­cu­li­nistes, l’autorégulation semble par­fai­te­ment inopé­rante. C’est vers une légis­la­tion euro­péenne visant au res­pect des droits fon­da­men­taux dans la sphère numé­rique qu’il nous semble plus per­ti­nent de se tourner.

La légis­la­tion n’est cepen­dant pas une réponse abso­lue, car comme le sou­ligne, en France, le rap­port annuel sur l’égalité femmes-hommes du Haut Conseil à l’Égalité : non seule­ment le sexisme per­siste, mais sur­tout, les posi­tions se pola­risent entre les (jeunes) femmes de plus en plus fémi­nistes et les (jeunes) hommes de plus en plus mas­cu­li­nistes… Il s’agit donc, comme sou­vent, d’éducation, tant à l’usage d’internet qu’à la décons­truc­tion des sté­réo­types de genre, ain­si que du com­bat, encore et tou­jours néces­saire pour l’égalité entre les hommes et les femmes. (...)

C’est donc au maillage d’une grande toile qu’il nous faut faire face dans cette bataille cultu­relle…. Et ce au moment même où nos gou­ver­ne­ments coupent dans les bud­gets à la fois de l’éducation et de la culture !