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Marie-Claude Saliceti
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Louvre : une cinquantaine d’agents décrivent le musée comme un “terrain de chasse pour prédateurs”
#Louvre #femmes #agressionsSexuelles #sexisme
Article mis en ligne le 3 mai 2026
dernière modification le 28 avril 2026

Attouchements, propos sexistes, harcèlement, intimidations… Un climat nauséabond règne au sein des services d’accueil et de surveillance du plus grand musée du monde. Face à une direction jugée défaillante, des salariées témoignent.

(...) La réputation du musée le plus visité au monde n’est plus à faire. Près de 9 millions de visiteurs arpentent chaque année ses 70 000 mètres carrés de salles et galeries. Pourtant, depuis le cambriolage d’octobre 2025, les scandales s’enchaînent. Défauts de sécurité, vétusté, déficit… la présidente Laurence des Cars a démissionné en février dernier, remplacée par Christophe Leribault. Le tableau s’assombrit encore lorsqu’on écoute ceux qui travaillent à l’accueil et à la surveillance de l’établissement. Celles, surtout. Boussoles du public et gardiens discrets des œuvres, ces agents sont soumis au devoir de réserve. Une cinquantaine — contractuels comme titulaires, dont une quarantaine ont exercé sous la présidence de des Cars — ont pourtant accepté de témoigner. Tous leurs récits ne sont pas retranscrits mais ils décrivent un palais qui, selon eux, serait devenu le « terrain de chasse » de certains « prédateurs », pour lesquels les recrues seraient vues comme de la « chair fraîche ». Contactée, la direction du musée reconnaît avoir eu connaissance de ces qualificatifs mais répète son actuelle « tolérance zéro » face aux violences sexistes et sexuelles. (...)

Des “remarques sexistes et complotistes quasi quotidiennes”

Certains salariés estiment pourtant que le musée a failli, à plusieurs reprises. (...)

Dans un musée où les femmes n’ont été acceptées comme agents de surveillance qu’à la fin des années 1970, leur arrivée s’accompagnerait encore de consignes de prudence, notamment sur les zones à éviter lorsqu’elles sont seules : ascenseurs et recoins « sans caméras », encastrements des lances à incendie et salles peu fréquentées par le public. (...)

Trente-deux signalements d’agressions internes recensés en 2022 (...)

Un cabinet extérieur qui minimise les témoignages (...)

Des agresseurs promus (...)

“Insinuation salace et drague lourde” venant d’un supérieur (...)

Plusieurs employées du Louvre pointent du doigt les défauts des dispositifs mis en place, notamment le sentiment que les RH du musée attendent qu’elles mènent elles-mêmes l’enquête, en identifiant d’autres victimes et des preuves. (...)

Au nouveau président Christophe Leribault d’en faire une priorité, dans un agenda déjà saturé de crises à gérer.