Depuis la nouvelle loi pour la refondation de Mayotte, promulguée en août 2025 et modifiant les conditions de séjour des étrangers, se faire régulariser est une gageure quand on est Comorien. Les nouvelles demandes sont conditionnées à "un habitat normal" qui exclut donc l’habitat informel comme les bangas. Et il faut désormais apporter la preuve d’une "entrée régulière sur le territoire". Or, les Comoriens arrivent à Mayotte clandestinement, par kwassas, de frêles embarcations en bois habituellement utilisées pour la pêche.
Le 10 avril, le préfet de l’île, a promis un "choc de sécurité" en s’attaquant à l’immigration irrégulière, l’habitat insalubre et la délinquance. Une centaine de gendarmes et policiers viennent d’arriver en renforts.
En surfant sur son téléphone, Claudia découvre aussi l’existence de cette opération sécuritaire. "Tu as vu ça ?", demande-t-elle à Rahamati, sa voisine, en lui tendant son téléphone. "Il faut être encore plus prudent", ajoute-t-elle. À ce jour, le 10 avril, trois arrêtés de destruction ont été publiés par la préfecture.
L’inquiétude de Claudia est partagée par tous les voisins car lors de la dernière opération "place nette" menée à Mayotte d’avril à juillet 2024, plus de 4 000 personnes ont été expulsées et environ 650 habitations ont été détruites. Et, selon les estimations de l’Insee, la moitié des Comoriens, qui constituent près de la moitié de la population, sont en situation irrégulière.
"J’ai toujours ma carte de séjour dans la poche" (...)
À Mayotte, nombreux sont les Comoriens à retenter la traversée après une expulsion. Sur l’archipel français, les renvois forcés sont très nombreux. En 2025, plus de 23 000 expulsions ont été réalisées, selon la préfecture de Mayotte, c’est plus que tous les départements de France réunis. Et rapides. "Quand on arrive dans ce CRA [centre de rétention administrative, ndlr], il y a de grandes chances d’être expulsé la journée suivante (...)", confirme une source policière mahoraise. "Le turnover est très important, il y a des départs tous les jours vers les Comores". (...)