Alors qu’un Allemand sur deux ne se sent pas en sécurité, le chancelier fait régulièrement un rapprochement entre la criminalité et les migrants.
Alors que le Parlement allemand débattait de la violence faites aux femmes, Friedrich Merz a fait une remarque qui n’a pas manqué de créer une nouvelle polémique. Le chancelier a en effet affirmé devant les députés qu’"une part importante de cette violence provient des groupes d’immigrés".
Une fois de plus, le chancelier issu du parti conservateur CDU a fait un lien entre l’immigration et la criminalité. En octobre 2025 déjà, il avait estimé que de nombreuses personnes en Allemagne et dans toute l’Europe avaient "peur de se déplacer dans les lieux publics" à cause des migrants "qui n’ont pas de titre de séjour permanent, ne travaillent pas et ne respectent pas nos règles".
Il est par ailleurs félicité que son gouvernement a réduit d’environ 60 % le nombre de demandeurs d’asile en Allemagne.
L’AfD dans le rétroviseur du gouvernement
Les succès électoraux du parti anti-immigration "Alternative pour l’Allemagne" (AfD) mettent l’union des partis conservateurs CDU/CSU sous pression. L’AfD a recueilli près de 19 % des voix lors des deux premières élections régionales sur les cinq scrutins prévus d’ici la fin de l’année.
La moitié des Allemands ne se sentent pas en sécurité
Selon un sondage de l’institut infratest dimap, environ 48 % des Allemands ne se sentent pas en sécurité dans les lieux publics comme les parcs, les trains ou les bus. En 2017, seuls 23 % déclaraient éprouver ce sentiment. Reste à savoir si des expulsions "à grande échelle" vont contribuer à réduire ce sentiment d’insécurité rampant.
Lors d’une réunion des maires conservateurs et d’autres représentants locaux à Berlin, le chef du Service de l’ordre public (Ordnungsamt) dans la ville de Hanau, près de Francfort, a avancé d’autres causes. En Allemagne, les agents du Ordnungsamt sont en charge des infractions mineures dans les municipalités, comme le stationnement, l’abandon de déchets ou les nuisances sonores.
Ainsi, pour Thorsten Wünschmann, "ce qui influence le plus la perception subjective de la sécurité dans les villes, ce ne sont pas les crimes graves, mais plutôt le comportement socialement inadéquat de certains groupes". Ces comportements ne constituent pas des infractions pénales ou administratives, mais "ils effraient néanmoins les gens dans les espaces publics".
Parmi les exemples de "comportements socialement inappropriés" cités, se trouve la mendicité, l’ivresse sur la voie publique ou encore la consommation de drogue. Les bâtiments vacants, la négligence et les déchets jonchant certaines rues auraient également un impact négatif sur l’ensemble du quartier.
Quand la dégradation suscite la peur (...)
Les communes allemandes prises au piège de l’endettement
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