En Argentine, le président Javier Milei a suspendu, mercredi 22 avril, l’accès des journalistes accrédités à la Casa Rosada, le siège de l’exécutif à Buenos Aires. Une décision présentée comme une mesure « préventive » dans le cadre d’une enquête pour « espionnage illégal ». Les syndicats de journalistes, eux, dénoncent une attaque contre la liberté de la presse.
(...) Dans un communiqué, les journalistes accrédités dénoncent une « attaque explicite » contre la liberté de la presse et le droit à l’information. Le syndicat SiPreBa fustige de son côté un acte de censure, qu’il considère comme un nouvel exemple des abus de pouvoir du président argentin. Javier Milei entretient une relation tendue avec les médias. Il n’hésite pas à les insulter et à s’en prendre personnellement à certains journalistes, les exposant à des campagnes hostiles sur les réseaux sociaux.
Selon un rapport publié la semaine dernière par Amnesty International, ces attaques ne se limitent pas au domaine verbal ou en ligne. L’ONG dénonce des violences et une répression systématique visant les journalistes lors de manifestations. Depuis l’élection de Javier Milei fin 2023, l’Argentine est passée de la 40e à la 86e place dans le classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières.
image : Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons