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Loi Immigration : sur les métiers en tension, un article limité qui "suscite de grands espoirs"
#immigration #travail
Article mis en ligne le 11 février 2024
dernière modification le 9 février 2024

Finalement promulguée le 26 janvier, la loi Immigration a été vertement critiquée par la droite qui accuse le Conseil constitutionnel de l’avoir vidée de sa substance. À Saint-Denis, en banlieue parisienne, des bénévoles ont lancé une nouvelle structure pour aider les sans-papiers dans leurs démarches, notamment les travailleurs des métiers en tension, pour qui le texte est censé simplifier la procédure. Reportage.

Dans un couloir exigu de la Bourse du travail à Saint-Denis (93), une vingtaine de personnes, hommes, femmes, enfants, patientent, discutant par petits groupes. Derrière une porte grise, l’Association Solidarité Humaine en France, nouvellement créée, délivre des conseils et accompagne les personnes en situation irrégulière dans leurs démarches.

"Nous avons lancé ce projet le 30 décembre en plein débat sur la loi Immigration", explique, entre deux rendez-vous, Bah Dabatako, l’un des trois fondateurs de l’association. "À l’époque, nous avions très peur de certaines mesures, sur les restrictions d’accès aux prestations sociales, la remise en cause du droit du sol ou bien du regroupement familial, qui heureusement ont été censurées”.

Depuis sa création, l’association organise deux permanences par semaine, les mercredis et samedis. La nouvelle s’est répandue sur les réseaux sociaux et les dossiers ne manquent pas. Dans la file d’attente, certains patientent depuis plus d’une heure. (...)

“Le nouvel article sur les métiers en tension apporte quelques progrès. Il suscite de grands espoirs ici parmi les gens que nous voyons”, poursuit Coulibaly Hamidou. “Mais au regard de la réalité du terrain, il reste très insuffisant, car dans ces métiers, la plupart des sans-papiers travaillent au noir ou sous une fausse identité et sont de fait exclus de cette procédure”. (...)

Alors que le texte initial prévoyait l’octroi automatique d’un titre de séjour, l’article final est bien plus restrictif. Le précieux sésame ouvrant les droits à la citoyenneté n’est délivré qu’au cas par cas par le préfet pour une durée d’un an. Il est renouvelable, à condition, bien sûr, de rester dans un métier en tension.