Au Vietnam, la police chargée de la lutte contre les crimes environnementaux a arrêté 74 personnes, accusées d’avoir modifié les données aux points de rejet de leurs sites industriels. Plus de la moitié des stations de surveillance environnementales du pays seraient concernées par des falsifications au profit de centrales thermiques, entreprises d’aluminium et d’acier.
Révélées dimanche 29 mars par l’organe de presse du ministère de la Sécurité publique, ces arrestations font suite à une enquête menée depuis plusieurs mois, sans préciser ni quand ni où elles avaient eu lieu.
Les 74 suspects ont participé à la modification des données recueillies aux points de rejet de leurs sites industriels. Parmi elles, des responsables d’agences environnementales publiques, ainsi que des employés de dizaines d’entreprises chargées du traitement des eaux usées et de l’installation d’équipements de surveillance. (...)
Plus de la moitié des stations concernées (...)
Les autorités indiquent que les données envoyées aux services environnementaux par de grands pollueurs étaient « manipulées et modifiées de manière sophistiquée ». Les équipements de contrôle, pourtant scellés et surveillés par des caméras, étaient manipulés à distance via des logiciels. « Les auteurs sont intervenus pour réduire les indicateurs de sortie, garantissant ainsi que les données envoyées à l’agence gouvernementale de gestion demeurent toujours dans les limites autorisées », précise le média d’État.
Ces fausses données concernent notamment les centrales thermiques de Quang Ninh, Hai Phong et Thai Binh 2. La pollution est régulièrement pointée du doigt par le gouvernement. Au Vietnam, les niveaux de particules fines dans l’air dépassent fréquemment les recommandations de l’OMS.