Les deux premières semaines de la guerre au Moyen-Orient ont émis autant de gaz à effet de serre qu’un pays comme l’Islande pendant un an, selon le think tank américain Climate and Community Institute.
« Environ la moitié de ce chiffre provient des bâtiments qui ont été détruits, car le béton et l’acier qui seront nécessaires pour les reconstruire sont très émetteurs en CO2 », explique Patrick Bigger, directeur des recherches au Climate and Community Institute. Ensuite viennent les émissions liées à la destruction des réserves de combustible qui font suite au bombardement des entrepôts d’hydrocarbures iraniens. « Nous les estimons à environ 2 millions de tonnes de CO2 », ajoute le spécialiste. (...)
Puis les autres sources de gaz à effet de serre, moins importantes, sont dues à la destruction d’équipements militaires, comme les avions de chasse américains ou des milliers de missiles et de drones qui ont été déployés dans la guerre jusqu’à présent.
Il estime que la guerre en Iran a un impact climatique équivalent à celui des 84 pays les moins émetteurs de la planète. (...)
Cet impact climatique va s’accélérer, selon lui, avec la relance de l’armement aux États-Unis ou en Europe notamment. (...)
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Depuis plusieurs jours, des sites pétroliers et gaziers sont visés par toutes les parties prenantes de la guerre en Iran. Une escalade qui pourrait avoir des conséquences environnementales catastrophiques, prévient Kaveh Madani, directeur de l’Institut universitaire des Nations unies pour l’eau, l’environnement et la santé. (...)
Kaveh Madani : Les attaques contre les dépôts pétroliers à Téhéran sont particulièrement graves. Elles ont entraîné une pluie d’acide. Beaucoup de polluants sont retombés, se sont ensuite infiltrés dans le sol. Il n’y avait aucune prise en compte des conséquences environnementales. Elles auraient facilement pu être limitées en attendant quelques heures que la pluie s’arrête pour bombarder.
De manière générale, les restes chimiques de tous les explosifs sont un problème pour tous les pays. Les attaques contre les infrastructures énergétiques, le pétrole et le gaz entraînent souvent des feux et des niveaux élevés de pollution de l’air. Cela laissera de la pollution sur le long terme dans la zone. Et puis il y a les questions d’attaques contre des pétroliers et les fuites possibles des infrastructures offshore au large du golfe Persique.
Les autorités iraniennes font également état de cyberattaques qu’elles affirment avoir réussi à contrer. La distribution de l’eau est automatisée, via des cyberattaques, vous pouvez couper l’eau ou même l’empoisonner. Pour l’heure rien de tel n’est arrivé. (...)