Le premier groupe de migrants secourus en mer par les autorités italiennes devrait arriver dans quelques heures en Albanie. Seize personnes, originaires d’Égypte et du Bangladesh, ont été interceptées dimanche par les gardes-côtes italiens à bord de deux embarcations, puis transférées sur un navire militaire en route vers les côtes albanaises.
(...) Ce transfert inédit intervient en vertu d’un accord controversé signé fin 2023 entre le gouvernement de Giorgia Meloni, Première ministre italienne d’extrême droite, et Tirana. Il prévoit la création de deux centres en Albanie, d’où les migrants pourront effectuer une demande d’asile.
Cet accord en vigueur pour cinq ans, dont le coût pour l’Italie est estimé à 160 millions d’euros par an, concerne les hommes adultes interceptés par la marine ou les gardes-côtes italiens dans leur zone de recherche et de sauvetage.
La procédure prévoit un premier contrôle sur un navire militaire, avant un transfert dans un centre du nord de l’Albanie, au port de Shengjin, pour une identification, puis vers un second centre, sur une ancienne base militaire à Gjader. (...)
Là, les migrants seront détenus en vertu d’une mesure de rétention administrative décidée par le préfet de Rome, dans des préfabriqués de 12 m2 entourés de hauts murs et de caméras et surveillés par la police, dans l’attente du traitement de leur demande d’asile.
L’intérieur du camp est sous la responsabilité des Italiens, la sécurité extérieure étant assurée par les forces de l’ordre albanaises. (...)
Les personnes considérées comme vulnérables par la loi, dont les mineurs, les femmes, les personnes souffrant de troubles mentaux, ayant été victimes de torture, de violences sexuelles ou de traite d’êtres humains, ne sont pas concernées par la procédure.
Selon l’accord, jusqu’à 36 000 migrants peuvent être envoyés chaque année dans ce pays des Balkans, à condition qu’ils proviennent de pays considérés comme sûrs. Plus de 300 militaires, médecins et juges italiens sont engagés dans cette opération.
L’Italie veut étendre le modèle en Europe (...)