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L’invention médiatique de 2026 : le « néo-nazisme non-violent »
#fascisme #antifascisme
Article mis en ligne le 18 février 2026

Quentin n’était pas un électeur du RN lambda, ni même un sympathisant passif du fascisme. Il accompagnait ses idées d’actes concrets, et était capable de faire des centaines de kilomètres pour défiler avec les franges les plus radicales du néo-nazisme européen. Il était aussi capable d’assurer le service d’ordre d’un groupe comme Némésis, en sachant parfaitement que la confrontation violente était une option.

Il est aussi avéré que Quentin militait au sein de l’Action Française, l’un des plus importants et anciens groupes d’extrême droite français, qui a formé des générations de fascistes, de racistes et d’antisémites. L’Action Française a fait des milliers de victimes depuis sa création pendant l’Affaire Dreyfus, durant laquelle elle scandait « Mort aux juifs ! » En 1936, l’Action Française a lynché en pleine rue Léon Blum, leader socialiste, quasiment jusqu’à la mort. Aujourd’hui, ce collectif qualifie Némésis de groupe « judéo-servile ».

Quentin Deranque appartenait aussi au groupe Luminis Paris, qui salue son amour de la « lutte à mort ». Tous les ans en février, ce collectif rend hommage aux émeutiers fascistes du 6 février 1934 qui ont tenté de renverser la République pour installer une dictature en France. Luminis rend aussi hommage à Robert Brasillach, écrivain collaborationniste, d’un antisémitisme ultra-violent. (...)

Pourquoi préciser tout cela ? Car nous sommes en train de subir une gigantesque opération de manipulation psychologique. Et surtout, parce que les victimes de l’extrême droite ou de la police, celles qui sont militantes de gauche ou non-blanches, n’ont jamais le droit à un tel traitement de faveur. Elles ne sont pas présentées comme de « gentils petits gars non-violents ». Les grands médias fouillent leur passé, la police dévoile leurs antécédents judiciaires ou leurs fiches, on épluche leur vie personnelle et leurs prises de position réelles ou supposées. Souvenez-vous de Clément Méric, des militants dans le coma à Sainte-Soline, d’Adama Traoré, et bien d’autres. (...)

Lire aussi :

 L’Assemblée Nationale rend hommage à un néo-nazi

Aujourd’hui, mardi 17 février 2026, l’Assemblée Nationale observe une minute de silence pour honorer un néonazi. C’est tout simplement du jamais vu depuis le régime de Vichy. Cet hommage a lieu à la demande du politicien d’extrême droite Eric Ciotti, mais elle a été validée par l’ensemble des groupes parlementaires, y compris ceux de gauche, à l’exception du groupe LIOT. Cela veut dire, notamment, que le Parti Communiste, le fameux parti des fusillés, qui se proclame de la résistance antifasciste, a accepté cette mascarade mortifère, et que la France Insoumise aussi.

En 2024, le résistant communiste arménien Missak Manouchian entrait au Panthéon. Lui qui avait tiré sur des nazis et des collabos était érigé en héros. On pensait naïvement que la République française continuait d’entretenir le mythe de la Résistance, en vigueur depuis la fin de la barbarie nazie. Deux ans plus tard, ce sont donc les héritiers de Pétain et d’Hitler qui sont honorés par les députés français. La confusion idéologique n’a jamais été aussi affolante.

Il faut le répéter encore et encore : « Quentin » – puisque les propagandistes ne l’appellent plus que par son prénom pour créer une proximité factice et fantasmée – est mort après avoir tendu un guet-apens avec ses camarades néonazis lyonnais. Il était un militant violent, membre de l’Action Française, l’un des plus importants et anciens groupes d’extrême droite français, qui a formé des générations de fascistes, de racistes et d’antisémites – une milice dont le ministre de la justice Gérald Darmanin a lui même été proche. Il « aimait la lutte à mort » comme l’expliquent ses propres camarades. Il était le colocataire de Rémy Chemain, avec qui il s’entrainait aux sports de combat. Ce même Rémy, condamné pour avoir mené un guet-apens à la sortie d’un bar, à 30 nervis armés contre 5. (...)

Dans le même temps, le ministre de l’éducation annonce qu’il n’y aura « pas d’autres meetings de ce type là dans les établissements », faisant référence à la conférence de Rima Hassan qui a eu lieu en marge de la rixe. Ainsi, c’est acté, c’est la censure, la fin de la liberté d’expression – déjà fortement ébranlée ces dernières années – et l’autoritarisme dans les Universités. Aurore Bergé, elle, annonce que la loi Yadan – qui va assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme et ainsi interdire toute critique de l’entité génocidaire israélienne – va passer en force et que toute personne qualifiant des Français juifs de génocidaires – y compris ceux combattant chez Tsahal – seront poursuivis et condamnés.

La mue du gouvernement et des médias est achevée. Si vous n’entendez pas le bruit des bottes, c’est que vous êtes sourd. Ou que vous marchez avec les loups.

 (Le Canard Enchaîné)
Une vidéo inédite de la rixe précédant le lynchage du militant d’extrême droite

« Le Canard » publie des images de la violente bagarre qui a opposé militants d’extrême droite et d’extrême gauche, quelques minutes avant les coups portés contre Quentin Deranque. Elle montre que les deux groupes étaient bien venus pour en découdre. (...)

 (Mediapart)
Après la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon, La France insoumise et l’antifascisme dans la nasse

Depuis la mort de Quentin Deranque, la condamnation de la violence par La France insoumise ne suffit pas à éteindre la polémique sur sa supposée coresponsabilité. Locaux attaqués, domicile d’un candidat tagué, appel à « exterminer les antifas »... Des militants racontent la « présomption de culpabilité » qui pèse sur eux. (...)

Depuis le 13 février, LFI affirme avoir dénombré dix permanences ou locaux visés par des dégradations ou des provocations. Le siège national de LFI à Paris a été couvert de peinture rouge dans la nuit du 13 au 14 février, des salarié·es ont dû être exfiltré·es en voiture, affirme le mouvement. Joint par Mediapart, le ministère de l’intérieur n’a pas répondu à ce sujet.
Menaces de mort

Un collaborateur du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, Jérôme Buisson, a quant à lui été suspendu après avoir écrit : « J’ai fait un rêve : quatre décès et le peuple empli de joie », au sujet d’un meeting parisien auquel devaient participer Sophia Chikirou et Rima Hassan. Le polémiste Jean Messiha, candidat Reconquête à Évreux (Eure), a pour sa part écrit : « Il faut exterminer les antifas », ce qui lui a valu plusieurs signalements à la justice.

Deux têtes de liste insoumises aux municipales dans l’Yonne, Adrien Provence à Auxerre et Jérôme Thiriet à Sens, ont déposé plainte le 16 février pour des menaces de mort. (...)