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France : Bruno Retailleau dénonce la présence d’associations d’aide aux migrants dans les CRA
#Retailleau #immigration #migrants #CRA #solidarite
Article mis en ligne le 5 octobre 2024
dernière modification le 4 octobre 2024

Dans une interview au Figaro magazine, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a ciblé la présence d’associations venant en aide aux exilés dans les centres de rétention administrative. Il a également dénoncé les subventions reçues par ces organisations.

Le ministre s’est exprimé sur le sujet alors qu’il était interrogé par les journalistes du Figaro sur la situation du principal suspect du meurtre de Philippine. Le Marocain avait été libéré du CRA dans lequel il se trouvait, faute de laissez-passer consulaire envoyé à temps par le Maroc.
Mission d’information et d’aide à l’exercice du droit

L’Ofii a aujourd’hui un rôle de soutien matériel aux personnes retenues dans les CRA et propose des aides au retour volontaire. L’organisation accompagne également "ceux, sans ressources, qui souhaitent bénéficier d’une aide au retour humanitaire".

Les associations, elles, ont un rôle de défense des intérêts des personnes retenues, ce qui parfois peut nécessiter de contester les décisions de préfets, rappelle Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes, interrogé par Le Monde. Une mission impossible à réaliser pour l’Ofii qui est "un établissement public sous tutelle du ministère de l’Intérieur", souligne l’enseignant.

Depuis 2010, cinq associations se partagent la mission d’information et d’aide à l’exercice du droit des migrants en CRA : l’ASSFAM Groupe-SOS, Forum réfugiés-Cosi, France terre d’asile, La Cimade et l’association Solidarité Mayotte (depuis 2016).

Leur mission est de fournir de l’"assistance à l’exercice des droits des personnes retenues, notamment le droit au recours quand elles estiment que leur arrestation et leur expulsion ne sont pas légales, mais aussi de l’aide à effectuer des démarches comme une demande d’asile", explique à InfoMigrants Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale à l’association La Cimade, présente dans huit centres de rétention. (...)

Fanélie Carrey-Conte rappelle également le rôle "d’analyse, de témoignage et vigie du respect du cadre légal de ce qu’il se passe dans les centres de rétention" des associations. "Cette fonction de témoignage et de vigie des droits exercée par la société civile est fondamentale car il s’agit d’un lieu de privation de liberté", souligne-t-elle.
Subventions aux associations

Dans son entretien avec Le Figaro, Bruno Retailleau aborde également la question des subventions que reçoivent les associations d’aide aux migrants. Le ministre avance le chiffre d’un milliard d’euros qui serait destiné à "toutes les associations chargées d’accueillir et d’assister les migrants".

Dans le récapitulatif de l’Effort financier de l’État en faveur des associations, on voit qu’un milliard d’euros a effectivement été attribué à la mission "Immigration, asile et intégration" en 2024. Mais ce nombre est très loin de représenter les aides que reçoivent les associations présentes dans les CRA car le montant comprend l’ensemble des missions associatives en matière d’immigration et donc notamment l’hébergement des demandeurs d’asile. (...)

"Bruno Retailleau reprend un certain nombre de poncifs qu’on entend généralement sur les associations qui profiteraient de l’argent public", dénonce Fanélie Carrey-Conte. La responsable s’inquiète de propos qui alimentent, selon elle, "une musique antidémocratique, anti-contre-pouvoir, à un moment où les associations d’aide aux immigrés sont menacées". (...)