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Expulsions de migrants : les "hubs de retour" dans des pays tiers divisent les pays de l’UE
#migrants #immigration #UE
Article mis en ligne le 19 octobre 2024
dernière modification le 18 octobre 2024

Réunis en sommet européen à Bruxelles, les États-membres de l’Union européenne ont débattu jeudi de l’épineux dossier migratoire. Si les Vingt-sept s’accordent sur la pertinence d’une nouvelle législation pour augmenter les expulsions des migrants en situation irrégulière, ils ne sont pas d’accord sur les moyens à mettre en œuvre. La mise en place de "hubs de retour" hors de l’UE notamment divise le bloc.

L’immigration de nouveau au cœur de l’agenda européen. Jeudi 17 octobre, les chefs d’État et de gouvernement, réunis à Bruxelles, ont abordé une nouvelle fois la question de la gestion des migrants en situation irrégulière au sein de l’Union européenne. Une urgence, selon les 27.

Leur nombre a pourtant chuté cette année, affirme Frontex, l’agence des gardes-frontières de l’Europe. Les passages clandestins détectés aux frontières de l’Union européenne ont baissé de 42 % sur les neuf premiers mois de 2024 comparé à la même période de l’année précédente. Si une hausse est enregistrée du côté de l’Atlantique avec des arrivés record (30 000 personnes) aux Canaries, Frontex note une baisse de 60% via la Méditerranée et de 80% via la route des Balkans.

Qu’importe cette réalité chiffrée, "le Conseil européen appelle à agir de manière déterminée, à tous les niveaux, pour faciliter, accroître et accélérer les retours depuis l’Union européenne", insistent les États membres dans les conclusions de ce sommet. À quoi pensent-ils exactement ? Aux "hubs de retour", des centres d’expulsions en dehors des frontières de l’UE, situés dans des pays tiers – sur le même modèle que l’actuel accord Italie-Albanie ou celui du projet abandonné par Londres d’expulser au Rwanda des migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni.

Ces "hubs" seraient une première. Jamais encore Bruxelles n’a avalisé une externalisation de sa politique migratoire. Nulle part dans les traités européens, il n’est question de traiter les demandes d’asile ou les éloignements hors du sol de l’Union européenne.

Qui est pour ?

Qui est pour ? L’Italie de Giorgia Meloni, évidemment (...)

La Hongrie a également salué la proposition. Dans une lettre du 15 mai envoyée à la Commission européenne, 15 pays de l’Union européenne proposaient déjà d’explorer "de nouvelles solutions" pour mieux contrôler l’immigration. Le transfert de demandeurs d’asile vers des pays tiers en fait partie. Il s’agissait de "la Bulgarie, la République tchèque, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, la Grèce, l’Italie, Chypre, la Lettonie, la Lituanie, Malte, les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne et la Roumanie", a listé RFI. (...)

Qui est contre ?

L’Allemagne ne regarde pas ces "hubs de retour" d’un œil favorable. (...)

La France, elle, se montre aussi prudente. Emmanuel Macron a invité ses partenaires à "favoriser les retours lorsque les conditions le permettent", "plutôt que d’organiser des retours dans des hubs en pays tiers", selon l’Elysée qui plaide plutôt pour accélérer la mise en œuvre du pacte asile et migration. (...)

Même son de cloche du côté de l’Espagne. Ces "hubs" ne "s’attaquent à aucun des problèmes et en créent de nouveaux" (...)

Le ministre espagnol de l’Intérieur a demandé ce mois-ci à Frontex de se déployer au large du Sénégal, de la Mauritanie et de la Gambie pour empêcher les traversées dans l’Atlantique. Ces trois pays sont devenus les principaux pays de départs vers les Canaries espagnoles – débordées par l’afflux de migrants.

Réformer la "directive retour", une proposition qui met tout le monde d’accord

En revanche, l’ensemble du bloc européen s’est montré favorable à l’écriture d’une nouvelle loi pour accélérer les expulsions des migrants irréguliers. Et ainsi remettre en question la "directive retours" qui, depuis 2008, harmonise les règles européennes en matière de reconduction aux frontières.

Cette directive permet de protéger les exilés (en leur garantissant un droit à l’aide judiciaire, des mesures d’assistance comme la mise à disposition d’interprètes ou la fourniture de soins médicaux) tout en fixant les cadres de l’expulsion (limitation de la durée de rétention administrative à 18 mois maximum dans l’UE, placement en centre de rétention en "dernier ressort", proposition d’une ‘aide au retour volontaire’ avant un éloignement forcé…).

Des mesures pas assez dures, argue le bloc des 27 (...)