Si au Royaume-Uni, le plan qui prévoyait d’expulser des migrants vers le Rwanda a été abandonné, ailleurs en Europe, l’idée fait son chemin. L’Allemagne réfléchit à recourir à un pays tiers pour externaliser les procédures d’asile.
Le ministère allemand de l’Intérieur l’assure : son gouvernement continue à examiner différents modèles de gestion de la migration et n’exclut pas une coopération avec un pays tiers, à l’image du modèle controversé par le Royaume-Uni - qui a été finalement abandonné en juillet.
Dès son entrée en fonction, le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a succédé aux conservateurs, a en effet annoncé l’abandon de la coopération avec Kigali pour expulser vers le Rwanda les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni. (...)
Alexander Throm, porte-parole de la politique intérieure du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, a ainsi affirmé que le parti voulait "utiliser le travail de base effectué par nos partenaires britanniques". Il est allé jusqu’à présenter le rétropédalage de Londres comme une opportunité pour l’Allemagne : "Nous disposons désormais d’encore plus de capacités au Rwanda", a-t-il dit.
"Situés en Europe continentale, nous sommes beaucoup plus touchés par l’immigration clandestine. L’Allemagne et l’Union Européenne (UE) doivent donc avoir la possibilité de mener des procédures d’asile en dehors de l’Europe", estime Alexander Throm.
La législation européenne stipule pourtant qu’il est illégal d’envoyer des demandeurs d’asile dans un pays avec lequel ils n’ont aucun lien. Un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur a ainsi déclaré qu’il était peu probable qu’un plan similaire puisse voir le jour - soulignant le grand nombre d’obstacles juridiques à la mise en œuvre d’un tel accord. Et d’ajouter que les coûts d’externalisation des procédures d’asile seraient bien plus élevés que les coûts d’hébergement des demandeurs d’asile en Allemagne.
Accélérer les retours des migrants "dublinés"
Si le gouvernement et l’opposition défendent des approches différentes en matière d’immigration, le chancelier Olaf Scholz a commencé à faire des concessions ces derniers mois, s’engageant notamment à accélérer les procédures et augmenter le rythme des expulsions. (...)
Toutefois, certains États, dont l’Italie, n’acceptent actuellement quasiment plus de demandeurs d’asile dans le cadre de Dublin, se disant déjà débordés par le nombre constant de nouvelles arrivées de migrants. (...)
L’intelligence artificielle dans les procédures d’asile
Olaf Scholz compte également miser sur les nouvelles technologies pour accélérer les procédures d’asile. L’intelligence artificielle (IA) devrait ainsi jouer un rôle croissant dans le travail du BAMF dans un avenir proche et son utilisation serait déjà "en préparation dans de nombreux domaines".
Pour le chancelier, l’IA pourrait contribuer à "garantir que nous puissions prendre des décisions de routine rapidement mais avec un niveau de qualité élevé", tout en soulignant que le BAMF se devait de maintenir des niveaux de personnel suffisants. "Nous devons nous assurer que nous sommes à la pointe de la technologie", a expliqué le chef du gouvernement allemand. (...)
La plupart des demandeurs sont originaires de Syrie, d’Afghanistan et de Turquie, selon les données du BAMF. (...)