Avec la montée en puissance des outils d’IA générative, le besoin de distinguer le vrai du faux est aujourd’hui prégnant pour les médias. L’idée d’une norme internationale permettant d’identifier les images réelles et les images générées a fini par s’imposer comme la solution la plus fiable.
(...) « Ces vidéos modifiées sont des armes redoutables pour tous ceux qui souhaitent nuire à nos médias en premier lieu et à la France lorsqu’on est sur la scène internationale », décrypte Vincent Roux, directeur opérationnel en charge de l’intégration de l’IA et de l’innovation éditoriale de France Médias Monde.
Une forme de consensus
Face à ces différentes menaces, les discussions ont fleuri entre médias et entreprises privées ces dernières années, avec un objectif : labelliser les images réelles et celles générées par IA. (...)
« Le consensus est vite apparu sur l’objectif d’authentifier l’origine des contenus, notamment parce qu’aujourd’hui, analyser et déceler les images générées par IA est à la fois peu fiable et très chronophage », décrit Santiago Lyon, responsable de la promotion de la Content Authenticity Initiative menée par Adobe et ancien vice-président d’Associated Press. L’idée qui émerge alors est simple : coupler à une image un ensemble de métadonnées certifiant son origine, son mode de création (généré par IA ou original) et ses différentes modifications. Le tout étant capable de perdurer, de l’appareil photo jusqu’à la diffusion, en passant par les sites de retouches.
Les agences de presse pionnières (...)
Réalisée lors de la semaine des résultats de l’élection couronnant Donald Trump, l’opération est « très réussie », selon l’agence. Au total, plusieurs centaines de photos certifiées C2PA sont diffusées à cette occasion. (...)
Ces derniers mois, la norme C2PA s’est imposée comme l’outil principal pour les médias cherchant à authentifier leurs contenus, face aux menaces des deepfakes et à la désinformation. En septembre, France Télévisions a annoncé adopter la norme pour tous les contenus de ses JT de 13 heures et de 20 heures diffusés sur son site web. (...)
Mais malgré cet enthousiasme naissant, les limites de cette solution pointent le bout de leur nez. « La norme technique est là, mais si elle n’est pas adoptée par tout l’écosystème, y compris sur les réseaux sociaux, son impact sur la désinformation sera limité », nuance Thierry Fanchon, directeur technique et des systèmes d’information de France Médias Monde. En attendant une solution technique plus mature, de nombreux médias lui adossent une autre stratégie : rapprocher ses contenus de son public et investir dans l’éducation aux médias. (...)