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SOS Mediterranée
Chaque présence en mer reste essentielle pour sauver des vies
#SOSMediterranee #OceanViking #sauvetages #migrants #immigration #solidarites
Article mis en ligne le 26 janvier 2026
dernière modification le 23 janvier 2026

Depuis plusieurs années, les ONG de sauvetage comme SOS MEDITERRANEE évoluent dans un environnement juridique et administratif de plus en plus complexe. Entre décrets nationaux, obligations de coordination avec des autorités étrangères et procédures restrictives, leur action humanitaire se heurte à des défis légaux inédits.

Avant de rejoindre SOS MEDITERRANEE comme responsable du plaidoyer à la fin 2024, Bianca a œuvré dans des ONG comme Médecins sans frontières (MSF) pour la défense des droits des personnes en migration et la dénonciation des politiques qui les mettent en danger, que ce soit en mer, en Libye mais aussi sur les routes migratoires en Asie et en Europe de l’Est. Elle revient sur une décennie de politiques européennes qui ont fait de la Méditerranée un espace de non-droit. Seconde partie (2/2)
(...)

« Ces dispositions n’ont qu’un seul objectif : éloigner autant que possible les acteurs indépendants du sauvetage de la Méditerranée centrale. »

Les implications pratiques pour les ONG (...)

Cette situation crée une tension entre obligations nationales et internationales. D’un côté, les ONG doivent se conformer aux lois italiennes, sous peine de sanctions ou de détention de leurs navires. De l’autre, elles doivent respecter le droit maritime international et éviter tout débarquement dans un pays non sûr.

Bianca précise  : «  La majorité des détentions de navires depuis la mise en œuvre du décret concernent le refus de collaborer avec la Libye. Pour nous, cela montre à quel point il est difficile d’être à la fois conforme à la loi italienne et aux conventions internationales de sauvetage.  »

Influence politique et perception publique

Si certains observateurs associent la criminalisation des ONG à la montée de l’extrême droite en Italie, Bianca précise : «  La criminalisation et l’obstruction des opérations de sauvetage ne datent pas uniquement de l’arrivée de gouvernements d’extrême droite. Même sous des gouvernements dits de centre-gauche, certaines mesures restrictives ont été mises en place, par exemple l’accord avec la Libye négocié par l’ancien ministre Minniti.  »

Elle ajoute : « Le discours public a évolué, avec des périodes de forte polarisation. Mais ce n’est pas le seul facteur : ce qui compte vraiment, c’est la présence physique des ONG en mer, souvent perçue comme un obstacle aux politiques migratoires visant à bloquer les personnes et à les dissuader de chercher sécurité et protection en Europe. »

Les ONG face à la criminalisation (...)

Malgré ces contraintes, SOS MEDITERRANEE maintient son engagement. «  Chaque présence en mer reste essentielle pour sauver des vies, même dans un cadre légal très contraint  […] Il est possible que les restrictions augmentent, mais notre mission reste la même  : intervenir là où les structures étatiques sont limitées.  »