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Marie-Claude Saliceti
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France Culture
SOS Méditerranée : dix ans d’action humanitaire entravée
#SOSMediterranee #OceanViking #sauvetages #migrants #immigration #solidarites
Article mis en ligne le 6 avril 2026
dernière modification le 1er avril 2026

En mars 2016 avait lieu le premier sauvetage de l’ONG européenne SOS Méditerranée. Dix ans après, l’association a secouru plus de 43 000 personnes migrantes. Félicitée pour son action au départ, elle est aujourd’hui de plus en plus rejetée en Europe.

C’est dans un café à Paris que nous rencontrons Fofana. Ce jeune Ivoirien est venu en France il y a neuf ans. De temps en temps, il prend des nouvelles de ses proches : "J’appelle au pays quand j’ai envie de parler avec quelqu’un. Pour déstresser un peu, pour rigoler."

Fofana est un survivant du chemin périlleux de la migration vers l’Europe. En 2017, il a été sauvé des eaux par le navire de SOS Méditerranée. Son embarcation était partie de Libye. (...)

Depuis 2014, plus de 34 000 personnes ont disparu en Méditerranée, rapporte l’Organisation mondiale pour la migration. Des chiffres certainement sous-estimés, et auxquels s’ajoutent les décès dans le Sahara. (...)

Comment une telle hécatombe quotidienne passe souvent sous les radars ? Pourquoi un tel rejet de personnes migrantes ?

Ces questions, François Thomas se les est posées en 2018. Il s’engage alors dans SOS Méditerranée. Et, en 2019, il devient son président : "L’association a été félicitée, célébrée au début. Elle a reçu des prix. Et puis, petit à petit, avec le développement du populisme en Europe, en particulier en Italie d’abord, les entraves n’ont fait qu’augmenter. Ce sont des inspections très pointilleuses dans les ports italiens, avec des détentions du navire, avec des amendes. Ce sont de nouveaux décrets qui nous empêchent de continuer des sauvetages et qui nous envoient, pour débarquer les personnes rescapées, dans des ports très très éloignés. Ce sont des multiplications de déclarations politiques très très incohérentes sur les migrations. L’année dernière, SOS Méditerranée par exemple ne représentait que 2% des débarquements en Italie. Et surtout, le sauvetage en mer est une obligation légale. C’est notre humanité commune !” (...)

En août dernier, le navire de l’association se fait même attaquer par des gardes-côtes libyens. Ces mêmes gardes-côtes sont financés et formés par l’Union européenne.

François Thomas s’étonne : "Si l’on revient sur cet événement, le peu de réactions des autorités européennes. Il n’y a pas eu de protestation.” (...)


image : Daniel Leite Lacerda, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons