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Marie-Claude Saliceti
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RFI
« C’est notre pays, ils n’ont rien à faire ici » : à Jérusalem, les nationalistes anti-Palestiniens ont défilé en nombre
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #solidarites #SUMUD
Article mis en ligne le 15 mai 2026

Cette journée du 14 mai 2026 a été tendue à Jérusalem, avec les rassemblements annuels marquant la prise de la partie orientale de la ville par Israël. La « marche des drapeaux » a rassemblé beaucoup de monde cette année et a été l’occasion de scènes de violence. Les nationalistes anti-Palestiniens ont fait de cette occasion une démonstration de force.

Pas une échoppe des commerces palestiniens de la Vieille ville de Jérusalem n’était ouverte, ce jeudi 14 mai dans l’après-midi. Et pour cause : avec la « marche des drapeaux », il ne faisait pas bon se montrer ce jour. De très jeunes Israéliens ont déferlé dans les ruelles qui mènent jusqu’au mur des Lamentations. Pour les plus radicaux, il s’agissait de terroriser les habitants des quartiers palestiniens. Certaines ont donné des coups de poing sur les rideaux de fer des commerces fermés. (...)

« La marche des drapeaux » a, de nouveau, été l’occasion pour les ultranationalistes de célébrer ce qu’ils appellent la « réunification de Jérusalem », c’est-à-dire en réalité l’annexion en 1967 de la partie orientale de la ville, après la guerre israélo-arabe. Pour la communauté internationale, il s’agit bien d’une zone occupée. Parmi les manifestants, ce 14 mai, il y avait une surreprésentation de jeunes venus des colonies, au discours très radical. (...)

une centaine de très jeunes mineurs, visiblement désocialisés, ceux que l’on appelle ici les « jeunes des collines », des délinquants ultraviolents, ont passé la journée déambuler dans le quartier. (...)

Au départ, il y avait beaucoup de familles, des partisans du ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir, mais aussi les représentants d’organisations qui soutiennent la violence des colons et qui ont récemment été sanctionnés par l’Union européenne. Le drapeau de Regavim, organisation qui promeut ouvertement la dépossession des Palestiniens de leurs terres, a flotté au-dessus de la foule. L’association Nachala, qui encourage la colonisation de la Cisjordanie occupée et plaide très ouvertement pour le retour de colons israéliens dans la bande de Gaza, avait elle un stand de vente de t-shirts et de drapeaux. (...)

Le déploiement policier était impressionnant ce jeudi à Jérusalem. Dans la Vieille ville, deux membres des forces de l’ordre ont été vus en train de danser avec les manifestants. (...)

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 (Mediapart)
« Si ces jeunes sont notre avenir, alors c’est la fin d’Israël »

Des milliers de jeunes suprémacistes juifs ont défilé dans la vieille ville de Jérusalem jeudi 14 mai pour commémorer l’annexion de la partie palestinienne en 1967. Une parade raciste et violente qu’ont tenté de contenir des militants pacifistes. (...)

Jérusalem-Est occupée, Israël-Palestine.- Sous les insultes, un homme est escorté de force vers la porte de Damas (Bab al-amud, en arabe). Des soldats le poussent brutalement. Il protège sa tête avec ses bras, indigné d’être expulsé alors qu’il est venu, une fleur à la main, assurer « une présence protectrice » auprès de la population palestinienne.

Autour de lui, des adolescents surexcités, en jeans et rangers élimés, jubilent. Il pourrait être leur grand-père. (...)

Les militants pacifistes pour seul rempart (...)

« Notre mot d’ordre, c’est la désescalade. On s’interpose de tout notre corps entre les colons et les Palestiniens », explique le jeune homme, étudiant en master d’études culturelles à l’université hébraïque. Il voit dans son engagement « une dimension juive » : « Empêcher la violence contre un frère qui partage cette ville, c’est pour moi réaliser le souhait de Dieu. » Vertige et tristesse le saisissent à la vue d’un groupe de collégiens d’une yeshiva (école talmudique) qui encercle une vieille dame en foulard et robe noire en hurlant dans son oreille des chants religieux juifs. Il intervient avec ses collègues. (...)

« On doit se battre plus. Le pouvoir est à la Knesset [le Parlement israélien – ndlr]. Si on ne gagne pas les élections, on n’a aucune chance », martèle Ruty. Membre de PsychoActive, une organisation de soignants pour la paix, elle expérimente sa première mission de protection dans la vieille ville et vomit la démonstration de suprémacisme et de masculinisme. (...)

Journalistes pris pour cibles et chants racistes (...)