Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
l’Humanité
Arrêts maladie : « Le discours de culpabilisation ambiant pousse les salariés à ne pas écouter les alertes de leur corps »
#arretsmaladie #sante #travail
Article mis en ligne le 3 janvier 2026
dernière modification le 2 janvier 2026

Alors que le gouvernement et les représentants des employeurs fustigent l’absentéisme des salariés, leur culpabilisation contribue aux retards de prise en charge et allonge in fine les arrêts tout en ignorant la principale cause de leur augmentation : la dégradation des conditions de travail.

« Tous les salariés qui sont en arrêt maladie que je rencontre éprouvent le besoin de se justifier. Beaucoup disent « le médecin m’a arrêté. » Je ne voulais pas », raconte Daphnée Breton, psychologue du travail. « Ils ressentent une forte culpabilité par rapport au collectif, ils et elles s’en veulent d’augmenter encore la charge de travail de leurs collègues alors qu’elle est déjà trop grande », poursuit-elle.

Les discours récurrents du gouvernement dénonçant l’augmentation des arrêts maladie impactent aussi les travailleurs. Cette rhétorique de la culpabilisation des « abus » est malheureusement intégrée par nombre d’entre eux.

Ainsi, dans le 15e baromètre « État de santé psychologique des salariés français » publié par le cabinet Empreinte humaine fin novembre 2025, 48 % des salariés estiment qu’il y a entre 1 et 5 abus sur 10 arrêts pour motif psychologique. Ce discours de soupçon nuit fortement à celles et ceux qui sont en souffrance.

« La souffrance au travail augmente pour tous les types de métier » (...)

L’augmentation des arrêts maladie traduit surtout la très forte dégradation des conditions de travail dans les entreprises comme dans les services publics. (...)

Ne pas s’arrêter malgré les alertes médicales

À rebours aussi des discours gouvernementaux, tant la psychologue du travail que la médecin du travail constatent que les travailleurs tardent à s’arrêter. Dans les PME et la fonction publique, les jours de carence induisent une perte dans le salaire que repoussent au maximum de nombreux salariés.

« Le discours de culpabilisation ambiant pousse aussi les salariés à ne pas écouter les alertes de leur corps », regrette Daphné Breton. Avant l’effondrement, les signes sont pourtant nombreux (...)