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Arrêtons de parler de “ressources” naturelles
#ressources #ecologie
Article mis en ligne le 2 janvier 2026
dernière modification le 31 décembre 2025

Parler de “ressource” crée un continuum entre la matière inerte, les animaux et les êtres humains. Les écologies qui se focalisent sur les “ressources naturelles” activent une vision du monde dépolitisante, qui aboutit à la déshumanisation et l’exploitation des personnes.

En écologie, on parle beaucoup des “ressources”. Faut s’arrêter là-dessus, parce que le concept ne va pas. Une “ressource”, éventuellement une ressource “naturelle”, c’est juste un moyen. Quand on parle du manque de “ressources”, de la pollution des “ressources”, etc. la question n’est pas la destruction de la nature, des écosystèmes ou de la biodiversité. C’est la perte d’un moyen.

Moyens de quoi ? Jamais on n’en discute. Les ressources sont des moyens de réaliser des objectifs, mais lesquels ? Le mot “ressource” invisibilise les buts poursuivis. Il donne l’impression qu’il y aurait des choses qui seraient en elles-mêmes des “ressources” : l’eau, l’énergie, l’argent, etc. Mais si l’énergie est une ressource, c’est en référence à un objectif donné. L’eau est un moyen de s’hydrater, d’irriguer des cultures, de refroidir des centrales, sans référence à un objectif, elle n’est pas une “ressource”.

Parler de “ressources” permet à certaines écologies d’avoir un rapport ambivalent et superficiel à la production mondiale. (...)

en ne parlant pas explicitement de “moyen de production”, ces écologies esquivent la question des responsabilités et des rapports politiques. Qui décide de ce qu’on produit ? Est-ce que ça passe par une discussion collective entre égaux ? Ou par une décision autoritaire, imposée par la force à des subalternes (littéralement des “sous-autres”) ?

L’idée de ressource crée une séparation forte entre des sujets actifs et des objets passifs.en ne parlant pas explicitement de “moyen de production”, ces écologies esquivent la question des responsabilités et des rapports politiques. Qui décide de ce qu’on produit ? Est-ce que ça passe par une discussion collective entre égaux ? Ou par une décision autoritaire, imposée par la force à des subalternes (littéralement des “sous-autres”) ?

L’idée de ressource crée une séparation forte entre des sujets actifs et des objets passifs. (...)

Appliquée à des êtres vivants et des personnes, l’idée de ressource va avec une négation de leur agentivité, de leur capacité à agir par et pour elles-mêmes. L’expression “ressources humaines” ne dit rien d’autre : les travailleurs et travailleuses sont un facteur de production dont l’existence est réduite à l’utilité de que la structure peut en tirer pour réaliser les objectifs qu’elle s’est fixée. Ils et elles sont des objets, la structure est le sujet. (...)

appliquée aux humains, la notion de “ressource” enclenche une déshumanisation : une transformation en matériau humain, voire en biens meubles. (...)

L’approche écologique par les “ressources” prolonge les dynamiques de dominations capitalistes et coloniales qu’on vit malheureusement tous les jours. Pour s’en protéger, on peut chercher sans cesse les objectifs et les acteurs derrière les ressources. Qui veut faire quoi ? pour quelles raisons ? Au bénéfice et au détriment de qui d’autre ?

Bref, quitter une approche utilitaire pour mettre au jour les rapports sociaux, démêler les dominations, et arriver sur le terrain de l’organisation de la vie collective, de la coexistence entre personnes. Le terrain politique. (...)