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Mediapart
À Paris, des sans-papiers manifestent contre « la loi Darmanin »
#immigration #AME #Senat #Darmanin #extremedroite #sanspapiers
Article mis en ligne le 19 décembre 2023

Coïncidence du calendrier, la journée internationale pour les personnes migrantes a lieu cette année en pleins travaux de la commission mixte paritaire sur la loi immigration. L’occasion pour de nombreux collectifs et associations d’appeler au rejet de la loi portée par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin.

l’occasion de la journée internationale pour les personnes migrantes, la Marche des solidarités, une quinzaine de collectifs de sans-papiers et plusieurs centaines d’organisations appelaient à la « mobilisation générale » contre la loi Darmanin. À Paris, rendez-vous était donné à 17 heures, place de la République. À la même heure exactement commençait la commission mixte paritaire (CMP) au palais Bourbon, où une poignée d’élus (7 député·es et 7 sénateurs·rices) sont chargés de décider de la mouture définitive du projet de loi immigration.

« Rien qu’en Seine-Saint-Denis, il y a plus de 4 000 sans-papiers. Quatorze personnes décident du sort de plusieurs milliers de sans-papiers ? Ce n’est pas normal », s’exclame Yayah, originaire du Sénégal, référent pour le collectif Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers. « Ce n’est pas normal que l’avenir de ce texte repose entre les mains de la CMP, appuie Talib, travailleur sans papiers malien dans le bâtiment. Une fois que le projet est rejeté à l’Assemblée, ça devrait être terminé ! » (...)

Une inquiétude partagée par de nombreuses personnes sans papiers présentes à la manifestation. Mediapart a rassemblé leurs témoignages en vidéo. (...)

Mais sur la place de la République, la mobilisation massive n’a pas eu lieu. On comptait un millier de personnes au départ de la marche, majoritairement des personnes concernées. « On nous a mis des bâtons dans les roues, explique Vanessa Fourez, salariée à la Fédération des associations de solidarités avec tou·te·s les immigré·es (Fasti). La préfecture a ordonné un changement de parcours ce week-end alors que nous l’avions déposé bien en amont de la manifestation. Résultat : la mobilisation n’a pas l’ampleur que l’on souhaitait. »

Le parcours originel devait mener le cortège de la place de l’Opéra à celle de la Concorde, face à l’Assemblée nationale. Un trajet symbolique, refusé par la préfecture de police de Paris samedi après-midi. Le recours déposé par les organisateurs n’a pu être examiné que lundi matin, jour de la manifestation, et le jugement définitif du tribunal administratif a été annoncé dans l’après-midi, validant l’interdiction de manifester sur ce parcours.

Pour Yayah, travailleur de la restauration, ce changement de parcours est « choquant et irrespectueux » : « Ici, personne ne nous voit, personne ne nous entend ! Les autorités sont de l’autre côté de la ville, on ne se sent pas écoutés. »

Dans un communiqué (publié dans le Club de Mediapart), les organisateurs dénoncent « les méthodes de la préfecture aux ordres du ministère de l’intérieur » et « la duplicité d’un gouvernement qui prétend sur cette question s’appuyer sur l’opinion publique mais veut invisibiliser toute possibilité pour celle-ci de s’exprimer ».
« On ne va pas s’excuser d’être de gauche »

« La mobilisation n’est pas à la hauteur de l’enjeu, alors que demain sera peut-être votée une loi entérinant l’idée de préférence nationale », regrette Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine, en faisant référence aux propos de la ministre des solidarités Aurore Bergé qui avait annoncé sur BFMTV ne pas exclure un allongement conséquent du temps de présence sur le territoire français pour pouvoir bénéficier de certaines allocations.

Pour Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, la loi portée par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin est « une loi de harcèlement des étrangers d’une violence sociale inouïe » (...)

Une heure et demie après le début de ses travaux - et de la manifestation -, la CMP annonçait une suspension jusqu’à 21 heures à cause d’un désaccord entre la majorité et les élus Les Républicains sur la conditionnalité des aides au logement pour les étrangers.