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Marie-Claude Saliceti
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À Mayotte, la tension à son comble entre migrants et Mahorais
#Mayotte #nationalité #droitdusol #extremedroite #Darmanin #Macron #racisme
Article mis en ligne le 23 février 2024
dernière modification le 22 février 2024

Plusieurs centaines de migrants venus de Somalie, du Soudan ou encore de RDC vivent actuellement autour du stade de Cavani, à Mamoudzou, et sont continuellement ciblés par une partie de la population, qui les considèrent comme la cause de tous les maux. Sur place, de nombreux migrants dénoncent violences et intimidations. Reportage.

"L’opération d’évacuation du stade Cavani sera réalisée dans les prochains jours pour répondre aux préoccupations du territoire", a annoncé lundi 19 février le ministère des Outre-mer. Depuis un mois, c’est sur ce vaste stade de foot du chef-lieu de Mayotte que les yeux se sont braqués. Ou plutôt, sur ses occupants.

Autour du stade, dans une partie en friche située entre le terrain et le mur d’enceinte, une cinquantaine de tentes de fortunes surmontées de bâches bleues ont été installées. Pris en étau entre des grillages et des barbelés, ses habitants semblent enfermés. Ils n’étaient encore qu’une trentaine il y a quelques mois, avant d’atteindre près de 700 occupants fin janvier. Désormais, ils seraient environ 250. (...)

Les hommes, les femmes et les enfants qui vivent ici sont originaires de différents pays d’Afrique : la Somalie, le Soudan, la République démocratique du Congo ou encore la Tanzanie et le Mozambique. Certains sont là depuis 2018, quand d’autres sont arrivés il y a quelques mois. Ils ont fui la guerre, la famine, les menaces politiques ou cherchent une vie meilleure.

Mais l’afflux de ces populations, amplifiée ici au fil des mois, a attisé la colère des Mahorais. "C’est la goutte d’eau", déclare ainsi une professeure et soutien du mouvement de contestation des dernières semaines. Un "combat de plus", en référence à l’habituelle volonté de réduire l’immigration comorienne. Une situation qui engendre des actes violents : certains collectifs mahorais ont cadenassé les locaux d’associations d’aides aux migrants, et ont empêché certains relogements envisagés par l’État. Deux habitants du camp ont même été blessés à l’occasion d’une manifestation.

"On ne veut pas des Africains" (...)