Quels sont les effets de la violence contre les filles sur leur scolarisation ? Halim Benabdallah a réalisé ce rapport qui s’inscrit dans le cadre des travaux menés par le groupe de travail sur les « violences de genre en milieu scolaire comme facteur de déscolarisation des filles » lancé par le ministère des Affaires étrangères et européennes et l’Association Genre en Action. Ce dossier se focalise sur les violences de genre exercées au sein de l’école et autour de l’école dans vingt pays d’Afrique francophone.
(...) « Les institutions éducatives sont reconnues comme des lieux d’apprentissage, de développement et d’autonomisation. Or, loin d’être des lieux sûrs d’apprentissage, les écoles sont souvent des espaces de discrimination et de violence, notamment auprès des filles.
La violence en milieu scolaire n’est pas un problème strictement confiné aux écoles, il s’agit plutôt d’un problème social complexe et multiforme.
Les écoles sont des espaces sociaux qui reproduisent les relations de pouvoir ainsi que les pratiques de domination et de discrimination. Les questions de cultures et de pouvoir associées aux identités masculines et féminines régissent les rapports en son sein, entre élèves de sexes opposés et entre élèves et personnel scolaire.
Les violences scolaires frappent de nombreux enfants partout dans le monde, notamment sur le continent africain. (...)
Les violences de genre en milieu scolaire mettent en jeu des dimensions multiples : économique (cas du sexe transactionnel), socioculturelle (tabou sur la sexualité, absence d’éducation à la sexualité, relations de genre asymétriques) et sanitaire.
De type sexuel, psychologique et physique, elles revêtent des formes spécifiques diverses et interviennent dans et autour de l’école, tant de la part des élèves masculins que des personnels enseignants. Elles ont une influence directe sur la scolarisation des filles, provoquent souvent leur retrait de l’école, et apparaissent dés lors comme un des obstacles majeurs à l’éducation des filles.
Aussi, elles restent moins renseignées que les phénomènes de violences en général, et une sorte de « banalisation » semblent même les accompagner. Les violences sexuelles sont particulièrement « taboues », ce qui rend difficile leur identification et leur reconnaissance. (...)
Les organisations internationales, les agences de coopération et les ONG, en partenariat avec des acteurs locaux, tentent néanmoins de susciter le débat et d’agir sur le terrain. De nombreuses initiatives, à l’échelle mondiale, sous régionale et nationale peuvent ainsi être relevées.
Pour faire de l’égalité des sexes une réalité, il convient de s’attaquer à la violence contre les filles qui perpétue leur non-scolarisation et la non-réalisation de leurs aspirations éducatives. Et cet objectif ne saurait être réalisé sans volontarisme politique, indispensable à tout changement de société. (...)