Peut-on esthétiser la violence sous prétexte de bonnes intentions ? La question s’est déjà posée en avril dernier, après la publication par le magazine Vogue de photos mêlant glamour et violence domestique (Voir : Vogue Italie : la mort vous va si bien).
Cette fois, c’est un photographe de mode indien, Raj Shetye, qui est la cible de nombreuses critiques après la publication d’une série d’images, au style glamour/chic, évoquant une scène de viol collectif dans un bus. Intitulée « The wrong turn » (« Fausse route »), la série a fait immédiatement penser au viol collectif de Delhi qui a scandalisé l’Inde, et le monde, au début de l’année 2013.
Face à l’indignation, Raj Shetye a rapidement retiré les photos qu’il avait publiées sur internet – mais elles ont été entre temps reprises sur de nombreux sites de presse, qui contibuent ainsi à diffuser des images que leurs articles mettent en cause, en s’asseyant sur le droit d’auteur, qui plus est. Et le photographe s’est défendu en assurant que son travail était mal interprété : son intention était de dénoncer les violences sexuelles. « Le but est de créer des œuvres qui vont occasionner des réactions dans la société », a-t-il expliqué au magazine Buzzfeed. Tout niant avoir voulu évoquer particulièrement le viol de Delhi.
Des explications qui sont loin de clore le débat. (...)