Dire que l’on a été violé reste un tabou (seule une victime sur neuf porterait plainte) mais sur Internet, la parole des femmes agressées ne cesse de se libérer.
En France, on a beaucoup parlé de Je connais un violeur, le Tumblr qui regroupe des témoignages de femmes violées et entend donner une image plus réelle des agresseurs.
Outre-Atlantique, c’est le projet « Unbreakable » (incassable, en français) qui fait parler de lui. Il a été lancé en 2011 par Grace Brown, une photographe de 21 ans. Sur le site du projet, elle raconte :
« J’ai toujours été entourée de survivantes à des agressions sexuelles. Une nuit en octobre, j’étais dehors avec une amie et elle a choisi de partager avec moi son histoire.
Bien que j’en avais déjà entendu des dizaines auparavant, celle-là m’a particulièrement touchée et forcée à réaliser combien ces drames étaient banals. Je me suis réveillée le jour suivant avec l’idée du projet “Unbreakable”. »
Grace Brown veut « une plus grande prise de conscience des problèmes qui entourent les agressions sexuelles » et elle a eu l’idée de faire poser des femmes avec les mots qui les ont choquées dans cette épreuve. Ceux des agresseurs, des policiers ou de l’entourage. (...)
Le résultat est violent. La pose tranquille des femmes contraste avec les mots difficiles à qualifier. (...)