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Marie-Claude Saliceti
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Vers un label "jeu sexiste" sur les jeux vidéo ?
Article mis en ligne le 24 novembre 2014
dernière modification le 20 novembre 2014

La Suède pourrait créer le premier label au monde pour signaler la "diversité" ou non reflétée dans les jeux vidéo, pour manifester de la présence ou non de sexisme, ou encore de discrimination à l’égard des communautés LGBT.

Ce n’est encore qu’un projet, mais il est pris suffisamment au sérieux pour qu’une agence gouvernementale suédoise ait décidé d’octroyer une dotation de près de 30 000 euros à l’association professionnelle Dataspelsbranchen, chargée de le mettre en place.

Selon le journal The Local, l’industrie suédoise du jeu vidéo songerait à enrichir les labels de signalement de contenus traditionnellement affichés sur les boîtes et présentations officielles de jeux, pour y ajouter un signalement relatif au respect ou nom d’un certain principe d’égalité entre les sexes. Pour attribuer un label ("contient de la diversité"), les professionnels se baseraient sur des critères tels que ceux établis par le test de Bechdel, conçu dans les années 1980 par l’auteure de BD Alison Bechdel.

Pris a contrario, le test veut qu’une oeuvre impliquant différents personnages est réputée sexiste dès lors qu’au moins un de ces trois critères n’est pas rempli :

 l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom) ;
 elles parlent ensemble ;
 elles parlent d’autre chose que d’un homme. (...)

Plus que la seule discrimination à l’égard des femmes, c’est l’ensemble des problématiques de discrimination à l’égard des sexes et des orientations sexuelles qui seraient combattues par le label suédois. Pour le moment, l’association Dataspelsbranchen n’a pas encore fixé les éventuelles modalités pratiques. (...)

L’objectif de non discrimination doit-il pour autant conduire à ce que tous les studios suivent l’exemple d’un éditeur comme Square Enix, qui fait systématiquement figurer des héros LBGT dans ses jeux vidéo, au risque de forcer la main des scénaristes, au détriment de leur propre liberté de création ? La question reste ouverte.